Retraite informelle des dirigeants de l'Union européenne au château d'Alden Biesen à Bruxelles
Emmanuel Macron est intervenu jeudi pour la première fois publiquement dans le débat virulent qui agite la classe politique française après la mort d'un militant identitaire imputée à l'extrême gauche en appelant les partis et leurs responsables à lever toute "ambiguïté" sur le recours à la violence.
Une semaine après l'agression de Quentin Duranque, 23 ans, en marge d'une conférence de l'eurodéputée (La France insoumise) Rima Hassan à Sciences-Po Lyon, onze personnes liées à la mouvance de l'ultra-gauche étaient entendues pour leur rôle présumé dans la mort de ce militant du collectif d'extrême droite Némésis, décédé à l'hôpital le 14 février.
Parmi elles, deux assistants de Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse et fondateur en 2018 du groupuscule antifasciste la Jeune Garde, dissous par les autorités en juin 2025.
Une enquête criminelle a été ouverte du chef d'"homicide volontaire". Le procureur de Lyon devait donner une conférence de presse à 17h00 (16h00 GMT) et annoncer d'éventuels défèrements.
Le gouvernement et les oppositions de gauche et de droite ont mis en cause la culture de la "conflictualité" du chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, accusé d'entretenir une ambiguïté envers les "camarades" de la Jeune Garde, qu'il présentait ainsi en 2025.
"Il y a la justice (...) qui va passer mais il y a aussi une responsabilité de tous ceux qui légitiment l'action de groupes violents", a réagi le chef de l'Etat devant des journalistes en marge de sa visite officielle en Inde.
"JE NE CROIS PAS À L'ÉMEUTE PERMANENTE"
"Tous les partis politiques qui, à un moment ou un autre, justifient en leur sein ou à leur périphérie des mouvements qui pratiquent la violence sous prétexte que la République ne ferait pas assez ceci ou cela, commettent à chaque fois une faute grave", a-t-il souligné, désignant à la fois l'extrême gauche et l'extrême droite sans jamais citer de formation.
Reprenant l'expression du Premier ministre Sébastien Lecornu, il a invité les partis à faire "le ménage" dans leurs rangs, une référence implicite à Raphaël Arnault, qui avait été condamné en 2022 à quatre mois de prison avec sursis pour violences en marge d'une manifestation d'extrême droite à Lyon.
A l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars, Emmanuel Macron a estimé que la classe politique française était à "un moment de responsabilité" et qu'elle devait appeler au calme : "Quiconque veut défendre ses idées, aller aux urnes, convaincre n'a pas le droit d'utiliser la violence."
"Quelque responsable politique, quelque parti politique, qui est ambigu avec des mouvements violents, qui est ambigu avec des groupes qui pratiquent la violence, porte une responsabilité gravissime", a-t-il martelé.
"Je les appelle tous à la responsabilité, à lever ces ambiguïtés, à interdire eux-mêmes tous les groupes qui en leur sein, pratiquent cette violence, à les fermer", a dit Emmanuel Macron.
"Les opinions ne justifient pas de tuer un jeune homme. (...) Je ne crois pas à l'émeute permanente. La République, ça n'est pas ça."
(Sophie Louet, avec Bertrand Boucey)

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