La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, à Paris le 28 avril 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a estimé mardi que les sanctions individuelles prononcées dans l'affaire Lyhanna ne réglaient pas "tout", comme le montrent les 134 placements en détention provisoire opérés ces derniers jours sur des plaintes en souffrance.
"On recherche les responsabilités individuelles, on vient dire : +Voilà ce qui n'a pas fonctionné dans l'affaire Lyhanna+ donc, une fois qu'on aura réglé ça, on aura tout réglé. Mais pas du tout!", a déclaré la responsable politique sur France 2.
Le gouvernement a prononcé lundi de premières sanctions contre une magistrate et deux gendarmes du Gers, juste après la publication des conclusions d'un rapport déclenché par la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, qui fait état de nombreux dysfonctionnements.
Le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes mais n'avait pas été inquiété.
Dans le sillage de cette affaire, le garde des Sceaux, Gérald Darminin, a demandé le réexamen en urgence d'ici au 14 juillet de 70.000 plaintes concernant des violences sur mineurs. Cent trente-quatre personnes ont déjà été placées en détention provisoire dans ce cadre.
"Ça veut dire que dans ces affaires-là, on a traîné là aussi, on n'était pas si bien organisés que cela", a relevé la présidente de l'Assemblée nationale.
Concernant le rapport de la mission d'inspection sur l'affaire Lyhanna publié lundi, la présidente des députés LFI, Mathilde Panot, a estimé qu'il était "accablant".
"On voit que, malgré tous les efforts qui sont faits pour dédouaner le gouvernement et accabler des individus en particulier, il dénonce en fait des vérités terribles, notamment le nombre d'affaires en attente", a-t-elle déploré. A Toulouse, "il est indiqué qu'entre le tribunal et la police, il y a plus de 700 plaintes de viols sur des enfants qui sont en attente".
"Ce ne sont donc pas des dysfonctionnements individuels, mais un fonctionnement structurel", a-t-elle insisté, appelant à "sortir du déni et s'attaquer aux rapports de domination des adultes sur les enfants".
Également députée Renaissance des Yvelines, Yaël Braun-Pivet a encore insisté pour l'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale d'une "loi intégrale" répondant à "la globalité de la chaîne" des violences faites aux enfants, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu est réticent à l'adoption d'un nouveau texte.
"Je continue avec les parlementaires à demander son inscription, (...) plus que jamais, au vu du rapport d'enquête du pré-rapport d'enquête qui a été produit", a assuré Yaël Braun-Pivet à propos de cette proposition de loi signée par des parlementaires de gauche et de la coalition gouvernementale.

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer