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Lune, Mars, satellites : comment l'Inde est devenue une puissance spatiale majeure
information fournie par Boursorama avec Media Services 17/07/2026 à 08:19

L'écosystème indien de l'espace s'appuie à la fois sur un soutien public massif, et un secteur privé en pleine effervescence.

Une fusée LVM3-M5, lancée depuis le centre spatial Satish Dhawan, à Sriharikota, en novembre 2025 (illustration) ( AFP / R. SATISH BABU )

Une fusée LVM3-M5, lancée depuis le centre spatial Satish Dhawan, à Sriharikota, en novembre 2025 (illustration) ( AFP / R. SATISH BABU )

Elle a envoyé une sonde autour de Mars, fait atterrir un robot sur la Lune, mis en orbite des centaines de satellites et se prépare à lancer sa première mission habitée: l'Inde s'est fait sa place dans le club des puissances spatiales qui comptent à travers le monde.

A côté de son agence publique (ISRO) s'est développé depuis 2020 un écosystème privé de plus de 400 entreprises ou start-ups, pesant 8,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel. Ambitieux, le gouvernement s'est fixé pour objectif de le multiplier par cinq en sept ans. Les réussites spatiales indiennes sont diverses

Sondes et robots

L'Inde est devenue en 2014 la première nation asiatique à placer un engin en orbite autour de Mars.

Ses ingénieurs ont également conduit une série de missions lunaires baptisées Chandrayaan, "engin spatial" en sanscrit.

Un orbiteur a tourné autour du satellite de la Terre dès 2008. Après un échec en 2019, un robot a roulé à sa surface en 2023. Une prouesse technique jusque-là réalisée seulement par la Russie, les Etats-Unis et la Chine.

Lancée en 2023, la sonde Aditya s'est déployée pour observer les couches extérieures du Soleil. Une quatrième mission Chandrayaan est prévue en 2027. Elle vise à collecter des échantillons de roche lunaire et à les ramener sur Terre. Un autre orbiteur doit s'élancer un an plus tard du pas de tir de Sriharikota à destination de Venus.

Outre l'espace, l'ISRO s'affaire à une mission sous-marine baptisée Matsya - la réincarnation en poisson de la divinité Vichnou dans l'hindouisme - prévue l'an prochain. Ce sous-marin de six membres d'équipage doit plonger à 6km de profondeur pour, selon le ministre de la Science Jitendra Singh, "exploiter les ressources des océans".

Satellites

Depuis son premier lancement en 1975 grâce à une fusée de fabrication soviétique, l'ISRO a mis sur orbite près de 600 satellites. Plus de 140 de fabrication indienne, 430 pour le compte de pays étrangers.

En proposant des prix très compétitifs, l'agence spatiale indienne a réussi à se faire une place sur le marché mondial des lanceurs.

Grâce à un carnet de commandes bien rempli, l'Inde fait le plein de décollages depuis son centre spatial de Sriharikota, dans l'Etat de l'Andhra Pradesh (sud-est), et en construit un deuxième à Kulasekarapattinam (Tamil Nadu, à la pointe sud du pays).

New Delhi veut faire passer le chiffre d'affaires de ses activités spatiales à 44 milliards de dollars en 2033 et 100 milliards d'ici à 2040.

Son agence spatiale collabore avec de nombreux pays ou institutions étrangères, la NASA américaine, l'ESA européenne, le Japon ou la Russie.

Secteur privé

Basée à Hyderabad, l'entreprise Skyroot Aerospace doit expédier dans l'espace d'ici au 4 août la première fusée indienne financée sur investissements privés.

Baptisé Vikram-1, "valeur" en sanscrit, ce lanceur doit placer sur une orbite basse plusieurs petits engins.

Parmi les acteurs du secteur émergent également la start-up Pixxel, qui construit des satellites d'observation de la Terre pour l'agriculture ou l'environnement. On y compte aussi Bellatrix Aerospace, spécialisée dans les propulseurs, ou AgniKul Cosmos, qui propose des lanceurs dont les moteurs sont entièrement construits par des imprimantes 3D.

Activités militaires

Les activités spatiales civiles de l'Inde, puissance nucléaire, se doublent naturellement d'une facette militaire, qu'il s'agisse des fusées, des moteurs, des satellites ou des systèmes de guidage.

L'ISRO loue publiquement sa "coordination active" avec son pendant militaire, l'Organisation pour la recherche et le développement de la défense (DRDO).

Parmi ces programmes-phare, celui du missile de croisière Brahmos, conçu avec l'aide de la Russie .

Ces activités mixtes permettent à l'agence spatiale indienne de bénéficier d'une partie des milliards de dollars investis par le gouvernement dans son armée depuis le conflit qui l'a opposé en 2025 au Pakistan.

Mission habitée

L'Inde travaille d'arrache-pied depuis des années pour rejoindre le club très fermé des pays capables d'envoyer un humain dans l'espace.

Baptisée "Gaganyaan" ("vaisseau du ciel"), sa première mission habitée vise à mettre sur orbite un équipage de trois astronautes pendant trois jours. Le premier test en grandeur réelle est prévu dès 2026.

Dans le cadre de cette préparation, un pilote de l'armée de l'air indienne, Shubhanshu Shukla, faisait partie l'an dernier de l'équipage d'une fusée SpaceX Dragon qui s'est amarrée à la station spatiale internationale. Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé une station orbitale habitée indienne pour 2035 et le premier Indien sur la Lune pour 2040.

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