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Loi d'urgence agricole: dernière étape au Sénat, l'avenir de la ministre Barbut en suspens
information fournie par AFP 21/07/2026 à 13:29

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à l'Assemblée nationale, le 24 juin 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à l'Assemblée nationale, le 24 juin 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Le gouvernement assume mardi son projet de loi d'urgence agricole, qui devrait être adopté dans la soirée par le Parlement, malgré la controverse sur le recours à des pesticides qui divise son propre camp et pourrait entraîner la démission de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé sur le réseau X à ne pas "instrumentaliser à des fins politiciennes" cette loi, après l'adoption du texte dans la nuit à l'Assemblée nationale dans un contexte tendu.

"Les députés ont fait oeuvre utile pour l'agriculture française", s'est réjouie sur France Inter la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, au sujet du texte, "né des manifestations (d'agriculteurs, NDLR) en début d'année" et "travaillé avec les agriculteurs", permettant selon elle de "mieux les protéger contre la concurrence déloyale".

Souveraineté alimentaire, gestion de l'eau, élevage et pesticides... le projet, qui doit être définitivement adopté dans la soirée au Sénat, balaie de nombreux sujets à travers près de 70 articles. Mais une mesure du texte cristallise les débats: la possibilité donnée à l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire à titre dérogatoire et sous condition deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l'Union européenne.

Les deux molécules concernées, l'acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être utilisées pour une poignée de filières en difficulté.

"Le compromis voté par les seuls parlementaires ne revient pas sur son interdiction", a écrit Sébastien Lecornu à propos de l'acétamipride, estimant que "l'essentiel de la loi ne peut pas être résumé par ce seul article".

La mesure divise: la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, personnellement opposée à la réintroduction de l'acétamipride, pourrait démissionner en cas d'adoption du texte avec réintroduction dérogatoire des deux pesticides, a fait savoir son entourage.

Reçue à midi pendant 50 minutes par Sébastien Lecornu, elle est repartie sans un mot. Matignon avait confirmé ce rendez-vous dans la matinée, sans toutefois en préciser l'objet.

"Déni de démocratie"

Les divisions ont également éclaté au grand jour entre l'exécutif et le bloc central à l'Assemblée nationale.

Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l'acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, des députés du camp gouvernemental ont suggéré lundi à l'exécutif de le faire retirer par amendement, ce que le gouvernement a refusé.

La députée Ensemble pour la République (EPR) Agnès Pannier-Runacher à l'Assemblée nationale, le 6 juillet 2026 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

La députée Ensemble pour la République (EPR) Agnès Pannier-Runacher à l'Assemblée nationale, le 6 juillet 2026 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

La députée Ensemble pour la République (EPR) Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique, a dénoncé sur franceinfo "un passage en force du gouvernement", ainsi qu'un "déni de démocratie".

Le gouvernement se défend d'être à l'origine de cette mesure controversée: "ce n'est pas le choix du gouvernement que d'introduire cette mesure", a fait valoir mardi Maud Bregeon sur France 2.

C'est le Sénat qui a amendé le texte afin d'y ajouter la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits, disposition conservée par les parlementaires à l'issue de la commission mixte paritaire (CMP).

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard,  lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 15 juillet 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 15 juillet 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

"L'acétamipride n'a pas été rétabli dans ce texte", juge Annie Genevard: "Il appartiendra à l'Anses, à condition qu'il n'y ait pas d'incidence sur la santé humaine, sur l'environnement, qu'il y ait une situation d'urgence, qu'il n'y ait pas d'alternative (...) de décider d'une dérogation pour un temps limité, pour une seule filière, pour un parcellaire agricole très mesuré", a défendu la ministre.

Un discours rassurant rejeté par de nombreuses ONG environnementales, comme Greenpeace, qui estime mardi dans un communiqué qu'avec ce vote, "le gouvernement et ses alliés piétinent la science, la santé, l'environnement et la volonté citoyenne".

A l'inverse, la FNSEA a salué "un tournant majeur" avec l'adoption du texte et "une prise de conscience de la situation critique que traverse aujourd’hui la Ferme France".

Les filières noisettes, cerises et pommes, destinataires des pesticides en question, ont estimé que l'accès à ces produits "permettra d’attendre sereinement l’arrivée des solutions alternatives".

9 commentaires

  • 14:37

    Pas de soucis, on peut interdire tous les produits imaginables en France , à condition de (pouvoir) interdire l'importation de tous les produits issus de zones où ces produits sont autorisés et que le consommateur en paye le prix, sinon l'agriculture ira où est allée l'industrie avec l'emploi et les revenus dont les impôts payent le social .


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