L'alimentation représente près d'un quart de l'empreinte carbone des Français, dont 61% issus des "produits d'origine animale".
( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
C'est avant tout une question de mots : le gouvernement préconise désormais dans sa stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat, publiée mercredi 11 février, "une limitation de la consommation de viande et de charcuterie". Ce document, dont la publication était attendue depuis plus de deux ans, prônait une "réduction" dans sa version initiale.
Le gouvernement demande en revanche de "réduire la consommation de viande importée" , selon ce document conjoint publié par les ministères de l'Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé.
Parmi les objectifs affichés figure "une évolution progressive vers des régimes alimentaires conformes aux repères du PNNS (le programme national nutrition santé NDLR)". À savoir "une augmentation de la consommation de fruits et légumes, de légumineuses, de fruits à coque et de céréales complètes , une consommation suffisante et limitée de poisson et de produits laitiers et une limitation de la consommation de viande et de charcuterie et réduire la consommation de viande importée".
Négociations acharnées sur la formulation
Censée définir l'action du gouvernement d'ici 2030 pour une alimentation saine et moins émettrice de gaz à effet de serre, la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat, dite Snanc, est issue de la Convention citoyenne sur le climat et de la loi Climat et résilience qui a suivi en 2021.
Elle aurait dû être présentée avant juillet 2023, mais a connu plusieurs péripéties.
L'alimentation représente près d'un quart de l'empreinte carbone des Français , dont 61% issus des "produits d'origine animale". Or les négociations ont été particulièrement âpres sur la formulation concernant la consommation de viande.
Le terme de "limitation" dans la consommation de viande est souvent employé au ministère de l'Agriculture. Le mot "réduction" figurait dans le projet initial et était défendu par le ministère de la Transition écologique.
Ce remplacement avait déjà entraîné un premier blocage en septembre de la publication de la stratégie par Matignon, qui souhaitait remplacer l'idée de réduction par "une consommation de viande équilibrée".
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