Le président Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre libanais à l'issue de leur rencontre au palais de l'Élysée à Paris, le 21 avril 2026 ( POOL / Ludovic MARIN )
Le président français Emmanuel Macron a estimé mardi qu'Israël devait "renoncer à ses visées territoriales" au Liban, affirmant que le Hezbollah pro-iranien devait être désarmé "par les Libanais eux-mêmes".
La trêve en cours, qui arrive à échéance dimanche, "devra être étendue afin de permettre l'amorce d'une véritable dynamique de stabilisation", a dit M. Macron devant la presse au côté du Premier ministre libanais Nawaf Salam, reçu à l'Elysée.
Il a plaidé pour un "accord politique entre Israël et le Liban qui garantisse la sécurité des deux pays, l'intégrité territoriale du Liban, et pose les jalons de la normalisation de leurs relations".
"Nous croyons dans un désarmement du Hezbollah par les Forces armées libanaises", que ce soit par la force ou la négociation, selon le "chemin" que choisiront les autorités de Beyrouth, a-t-il dit.
"Aussi longtemps qu'il y a une force qui occupe le territoire libanais ou qui bombarde, elle affaiblit la capacité à désarmer le Hezbollah dans la durée", a-t-il mis en garde.
La stabilisation implique que le Hezbollah "cesse de viser Israël et de prétendre se substituer à l'Etat dans l'exercice de ses prérogatives", mais aussi "qu'Israël renonce à ses visées territoriales et comprenne que la condition de sa sécurité est un État libanais fort, et non une politique du chaos", a-t-il insisté.
Alors que les pays de l'Union européenne ne sont pas parvenus mardi à prendre de nouvelles sanctions contre Israël, en dépit des appels lancés en ce sens par plusieurs d'entre eux, dont l'Espagne, Emmanuel Macron a pour sa part temporisé.
Il a reconnu une "interrogation légitime" sur la possibilité de suspendre l'accord d'association entre l'UE et Israël, si ce dernier "continue cette politique qui contrevient à son histoire", notamment au Liban.
"Ce n'est pas dans le moment où, il y a quelques jours, Israël a accepté un cessez-le-feu pour le Liban et s'est engagé dans des discussions qu'il faut précipiter une confrontation", a toutefois estimé le président français.
"Mais les choses ne peuvent pas continuer comme il y a quelques années, d'évidence", a-t-il ajouté, exhortant les autorités israéliennes à s'engager dans "une voie de respect de la souveraineté des États voisins et une voie de l'apaisement".
Nawaf Salam a aussi souligné, dans sa négociations avec Israël, le Liban réclamait le "retrait total" des forces israéliennes de son territoire, ainsi que le retour des prisonniers et des déplacés libanais.
Une nouvelle séance de discussions entre ambassadeurs des deux pays, sous médiation américaine, est prévue jeudi à Washington.
Emmanuel Macron a par ailleurs assuré que la France était "prête à maintenir son engagement sur le terrain" après le départ de la Finul, la mission de l'ONU, programmé pour la fin de l'année, "aux côtés de ses partenaires les plus mobilisés, dans un cadre qu'il nous faudra définir ensemble".
Constatant "avec joie et satisfaction que les Etats Unis d'Amérique se penchent sur le berceau libanais", il les a appelés à aider la France "à négocier une nouvelle résolution" pour reconduire la Finul ou en définir "une nouvelle version".
Le chef du gouvernement libanais a également affirmé que son pays avait besoin "de 500 millions d'euros pour faire face à la crise humanitaire au cours des six prochains mois".
Le chef de l'Etat français a, lui, promis de reprogrammer une conférence de soutien aux forces armées et aux forces de sécurité libanaises, initialement prévue début mars, dès que Beyrouth le jugera "utile".

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