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Liban-Des frappes israéliennes font 12 morts avant des pourparlers sous l'égide des USA
information fournie par Reuters 13/05/2026 à 16:23

par Laila Bassam

Douze personnes ont été tuées mercredi lors d'une série de frappes israéliennes visant des véhicules au Liban, a indiqué le ministère de la Santé, alors que le conflit entre le Hezbollah et Israël se poursuit à la veille d'une troisième session de pourparlers entre le Liban et l'Etat hébreu, sous l'égide des États-Unis.

Plus de dix semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines contre l'Iran, le Hezbollah a en outre confirmé que le commandant de sa force d'élite "Radwan" avait été tué la semaine dernière lors d'une frappe israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth.

Le groupe armé chiite et Israël continuent de s'affronter malgré un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, annoncé le mois dernier. Les hostilités se concentrent principalement dans le sud du Liban, où les forces israéliennes occupent ce que le l'Etat hébreu qualifie de zone de sécurité.

Les attaques israéliennes de mercredi ont inclus trois frappes de drones visant des véhicules bien au-delà du principal théâtre des opérations dans le Sud, sur l'autoroute côtière à environ 20 km au sud de Beyrouth, ont indiqué des sources sécuritaires au Liban.

Selon le ministère de la Santé, ces frappes ont tué huit personnes, dont deux enfants.

Une quatrième frappe a tué une personne près de la ville de Sidon, à 40 km au sud de Beyrouth, a-t-il précisé.

Trois autres personnes ont été tuées lors de frappes aériennes israéliennes contre des voitures dans trois endroits plus au sud, dans le district de Tyr, a également indiqué le ministère.

L'armée israélienne n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaires.

Elle a fait valoir par le passé qu'elle ciblait les infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban et a demandé aux habitants de quitter neuf villes et villages où elle comptait mener des opérations contre le groupe.

LE HEZBOLLAH FAIT ÉTAT DE NOUVELLES ATTAQUES

Le Hezbollah a pour sa part fait état de nouvelles attaques contre les forces israéliennes dans le sud, dont plusieurs au moyen de drones kamikazes.

Israël a annoncé la semaine dernière avoir tué Ahmed Ali Balout, le commandant de la force "Radwan" du Hezbollah, lors d'une frappe menée le 6 mai dans les banlieues contrôlées par le groupe armé soutenu par l'Iran.

Un avis de décès publié par le Hezbollah a confirmé la mort du "commandant martyr Ahmed Ghaleb Balout" et un responsable a dit qu'il s'agissait bien de la même personne.

Balout est l'une des figures les plus haut placées du Hezbollah tuées dans la guerre jusqu'à présent.

Il s'agissait de la première attaque israélienne dans la région de Beyrouth depuis le cessez-le-feu du 16 avril.

Cette trêve négociée par les États-Unis avait initialement été déclarée pour une durée de 10 jours puis prolongée de trois semaines, ce qui signifie qu'elle devrait expirer autour du 17 mai.

Ce cessez-le-feu a été conclu à la suite des premiers contacts au plus haut niveau qui aient été organisés entre le Liban et Israël depuis des décennies, Washington ayant accueilli le mois dernier deux réunions entre les ambassadeurs des deux pays aux États-Unis.

Le Hezbollah s'oppose toutefois fermement à ces échanges directs.

POURPARLERS JEUDI ET VENDREDI

Le département d'État américain supervisera deux jours de pourparlers entre Israël et le Liban jeudi et vendredi. Ces discussions, qui vont s'appuyer sur une réunion organisée le 23 avril sous l'égide de Donald Trump, visent à faire progresser "un accord global de paix et de sécurité", a déclaré le porte-parole du département d'État, Tommy Pigott, dans un communiqué publié le 8 mai.

Lors d'une rencontre lundi avec l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, le président libanais Joseph Aoun a exhorté les États-Unis à faire pression sur Israël pour qu'il cesse ses opérations militaires et mette fin aux démolitions de maisons dans le sud du pays du Cèdre.

L'Etat hébreu y rase des villages en disant vouloir protéger le nord d'Israël contre les combattants du Hezbollah infiltrés dans les zones civiles.

Selon le ministère libanais de la Santé, 2.882 personnes ont été tuées depuis le 2 mars, date du début de la guerre entre Israël et le Hezbollah, dont 587 femmes, membres du personnel médical et enfants. Ce bilan ne précise pas combien de combattants figurent parmi les morts.

Quelque 1,2 million de personnes ont en outre été chassées de leurs foyers au Liban, dont beaucoup ont fui le sud du pays.

L'Etat hébreu indique pour sa part que 17 de ses soldats ont été tués dans le sud du Liban, ainsi que deux civils dans le nord d'Israël.

(Reportage Jana Choukeir et Menna Alaaedinn ; Nazih Osseiran, Laila Bassam et Tom Perry à Beyrouth ; Rami Ayyub et Emily Rose à Jérusalem, rédigé par Tom Perry, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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