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Les USA poursuivent leurs bombardements en Iran près du détroit d'Ormuz
information fournie par Reuters 01/09/2026 à 23:20
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(Actualisé avec communiqué de la Jordanie et représentants américains §3)

Les Etats-Unis ont lancé mardi une nouvelle salve de bombardements contre des cibles iraniennes autour du détroit d'Ormuz, alimentant le risque d'une escalade des hostilités après les échanges de tirs survenus au cours du week-end, alors que Téhéran a promis de répondre aux attaques de Washington.

L'agence de presse iranienne Fars a rapporté par la suite que l'Iran a lancé dans la soirée une opération de représailles, tirant des missiles et des drones, sans donner dans l'immédiat de précisions sur les cibles visées.

En fin de soirée, l'armée jordanienne a déclaré dans un communiqué que les défenses aériennes du royaume ont été activées contre plus d'une dizaine de missiles balistiques ayant pénétré l'espace aérien jordanien. Deux représentants américains ont pour leur part déclaré à Reuters que cette attaque iranienne n'avait fait aucune victime dans l'immédiat.

Déjà en hausse à la suite des frappes américaines effectuées au cours du week-end - la première attaque publiquement connue lancée par les Etats-Unis contre l'Iran depuis juillet -, les prix du pétrole ont continué mardi de grimper.

Téhéran a prévenu qu'il empêcherait toutes les exportations de pétrole depuis le Golfe, ne cédant pas aux menaces du président américain Donald Trump qui a répété mardi que Washington frapperait l'Iran "encore plus fort" en cas de réponse aux récentes attaques américaines.

Par ailleurs, l'administration Trump se prépare à imposer de nouvelles mesures destinées à intensifier la pression économique sur l'Iran, a fait savoir le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, en amont d'une réunion des ministres des Finances des pays du G20 à Asheville en Caroline du Nord.

Ni les menaces de bombardements, ni l'annonce de sanctions économiques supplémentaires ne semblent avoir concrètement modifié le rapport de forces, alors que l'Iran fait l'objet de lourdes sanctions économiques depuis près de cinq décennies.

TRUMP SEMBLE EXCLURE TOUT ACCORD

L'accord intérimaire scellé en juin par Washington et Téhéran, prévoyant un arrêt des hostilités et la réouverture du détroit d'Ormuz, de facto bloqué par l'Iran en réponse à la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février dernier, semble définitivement enterré.

Déclarant mardi dans une interview à la chaîne Fox News avoir donné de nombreuses chances à l'Iran de conclure un accord, Donald Trump a dit penser qu'un quelconque accord avec Téhéran "ne vaut même pas le papier sur lequel il est écrit".

Un peu plus tôt, l'armée américaine a annoncé avoir commencé à 16h00 GMT des frappes contre des cibles des Gardiens de la révolution islamique en Iran. "Ces frappes font suite à de récentes tentatives d'attaques par (les Gardiens) contre le fret commercial dans le détroit d'Ormuz et contre les soldats américains déployés dans la région", a écrit sur le réseau social X le commandement central de l'armée (Centcom).

La télévision publique iranienne a rapporté que des explosions sont survenues sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz. L'agence de presse iranienne Nour News a signalé des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas ainsi qu'à Chabahar, port situé dans le sud du pays.

D'après l'agence de presse officielle IRNA, des explosions ont aussi été entendues à Jask et à Sirik. Cité par la télévision publique, le gouverneur adjoint de Sirik a déclaré qu'une attaque américaine a tué deux personnes et blessé plusieurs autres lors d'un mariage organisé près de la ville.

Un porte-parole des Gardiens iraniens de la révolution, cité par l'agence de presse Fars, a déclaré plus tôt que les Etats-Unis allaient "regretter leurs nouvelles attaques".

L'ambassade des Etats-Unis au Qatar a exhorté les ressortissants américains présents au Moyen-Orient à faire preuve d'une "vigilance accrue".

"PERSONNE NE POURRA EXPORTER DU PÉTROLE"

S'il a répété mardi via son réseau Truth Social que l'Iran serait "frappé encore plus fort et à un degré plus important" en cas de riposte aux frappes américaines, Donald Trump avait dit lundi aux journalistes que les bombardements lancés par Washington ne signalaient pas le retour à une guerre d'ampleur.

Une source iranienne de haut rang a déclaré à Reuters qu'il s'agissait d'une "confrontation limitée et contenue".

Reste que la rhétorique utilisée par les deux camps, avec des promesses réciproques de répondre à de quelconques attaques, laisse entrevoir le risque d'une escalade militaire.

S'exprimant mardi matin à l'occasion d'un sommet régional au Kirghizistan, le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que Téhéran respectera les engagements pris dans le cadre de l'accord intérimaire signé en juin si Washington montre la voie.

De hauts responsables iraniens ont affiché leur volonté de ne pas céder aux pressions exercées par les Etats-Unis.

Cité par la presse officielle iranienne, le président du Parlement iranien, Mohammed Baqer Qalibaf, négociateur en chef de Téhéran, a prévenu que "si l'ennemi ne veut pas que nous exportions du pétrole depuis le Golfe persique, personne ne pourra exporter du pétrole".

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que Washington était "accro à la formulation de demandes excessives" et méprenait les négociations en les considérant comme un moyen de "dicter ses termes".

"Tant que (les Etats-Unis) agiront de cette manière, ils n'obtiendront pas davantage de résultats qu'ils n'en ont obtenus jusqu'à présent", a ajouté Esmaïl Baghaeï lors d'une conférence de presse.

(Jasper Ward à Washington, Parisa Hafezi, avec la contribution des bureaux de Reuters; version française Jean Terzian)

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