La campagne "Made in Mexico" vise à contrebalancer les menaces de tarifs douaniers de Trump
L'administration du président américain Donald Trump envisage d'imposer des droits de douane supplémentaires de 10% ou 12,5% sur les importations en provenance de 60 économies auxquelles elle reproche de ne pas lutter efficacement contre le commerce de biens réalisés grâce à du travail forcé, ce qui restreint selon elle les échanges commerciaux des Etats-Unis.
La proposition a été effectuée par le bureau du représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, qui s'appuie sur une disposition de loi (Section 301) autorisant le gouvernement américain à enquêter et à imposer des taxes douanières ainsi que d'autres mesures commerciales contre des pays utilisant des pratiques jugées "déloyales".
Plusieurs démarches s'appuyant sur cette Section 301 ont été entreprises par l'administration Trump, désireuse de rétablir un éventail de droits de douane d'urgence, alors que les vastes taxes dites "réciproques" annoncées en avril 2025 par la Maison blanche ont été retoquées par la Cour suprême américaine en février dernier.
Dans un communiqué, l'USTR dit avoir déterminé l'imposition de droits de douane de 10% à la suite d'une enquête sur du travail forcé concernant les importations de Grande-Bretagne, Canada, Union européenne, Indonésie, Mexique, Pakistan, Argentine, Bangladesh, Cambodge, Equateur, Salvador, Guatemala, Malaisie et Taïwan.
Il a précisé qu'il imposerait des droits de douane de 12,5% contre les importations en provenance de 45 autres pays concernés par l'enquête.
"L'incapacité de nos plus importants partenaires commerciaux à répondre à l'importation de biens réalisés avec du travail forcé est inacceptable", a dit Jamieson Greer dans le communiqué. "Cela créé une dynamique dans laquelle les travailleurs américains sont contraints de faire face mondialement à des conditions inéquitables".
L'USTR a précisé que des exemptions concerneraient des produits énergétiques, les terres rares et certains métaux, de même que le café, des produits agricoles, des produits pharmaceutiques et les pièces détachées d'avions.
Comme le veut le processus, l'USTR a dit procéder à une consultation publique jusqu'au 6 juillet.
En février dernier, à la suite de la décision de la Cour suprême, l'administration Trump s'est appuyé sur une autre mesure d'urgence pour imposer des taxes douanières temporaires de 10%. Celles-ci doivent prendre fin le 24 juillet.
L'USTR avait déjà proposé lundi l'instauration de droits de douane de 25% sur nombre de produits en provenance du Brésil, citant les résultats d'une enquête basée sur la Section 301 concernant les pratiques commerciales de Brasilia sur les services numériques.
Des annonces supplémentaires pourraient être effectuées sous peu, alors qu'est finalisée une enquête sur les surcapacités industrielles de 16 partenaires commerciaux dont la Chine.
(David Lawder à Washington, Anusha Shah à Bangalore; version française Jean Terzian)

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