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Les ONG évaluent à 25 morts au moins le bilan de la répression en Iran
information fournie par Reuters 06/01/2026 à 13:07

Au moins 25 personnes ont été tuées et un millier d'autres ont été arrêtées en Iran au cours des neuf premiers jours de manifestations contre la hausse des prix et la chute du rial, selon les décomptes établis par des organisations de défense des droits humains.

Le mouvement de protestation, déclenché à la fin décembre par les commerçants du Grand Bazar de Téhéran, s'est étendu par la suite à plusieurs villes de province, dans l'ouest et le sud du pays notamment, sans atteindre l'ampleur de la contestation qui avait ébranlé la République islamique en 2022 et 2023 après la mort de Mahsa Amini.

Aux premières revendications d'ordre économique se sont agrégés des slogans politiques appelant à la chute du régime théocratique.

Samedi, le guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei, a jugé légitimes les inquiétudes des manifestants face à la chute de la monnaie tout en promettant de "remettre les émeutiers à leur place".

Selon Hengaw, organisation de défense des Kurdes iraniens, 25 personnes ont été tuées lors de la répression des manifestations, dont quatre mineurs de moins de 18 ans. Un millier de personnes ont également été arrêtées selon elle.

D'après HRANA, un réseau de militants qui a recensé jusqu'à présent des manifestations dans 27 des 31 provinces iraniennes, au moins 29 personnes avaient été tuées, dont deux agents des forces de sécurité, et 1.203 personnes arrêtées à la date du 5 janvier.

Les autorités n'ont annoncé que le décès de deux membres des forces de sécurité.

"Tout en faisant la distinction entre manifestants et émeutiers, les forces de l'ordre ont agi avec fermeté contre les émeutiers en les arrêtant sur place ou en les identifiant après coup grâce aux unités de renseignement", a déclaré le chef de la police, Ahmadreza Radan, cité mardi par les médias d'Etat.

Alors que le président américain Donald Trump a menacé de venir à la rescousse des manifestants, les autorités accusent des puissances étrangères d'encourager "le chaos et le désordre" et l'appareil judiciaire promet la plus grande sévérité contre les "émeutiers".

Le président Massoud Pezeshkian prône parallèlement le dialogue face à la crise économique. Il a promis des réformes pour stabiliser les systèmes bancaire et monétaire et protéger le pouvoir d'achat.

Le gouvernement, qui a remplacé le 29 décembre dernier le gouverneur de la banque centrale, a annoncé la suppression du taux de change préférentiel pour les importateurs et le versement d'une aide financière directe aux Iraniens pour l'achat de denrées essentielles.

(Rédaction de Dubaï; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Kate Entringer)

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