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Les immigrés africains fuient les violences xénophobes en Afrique du Sud
information fournie par Reuters 04/06/2026 à 15:34

par Esa Alexander

Il y a quelques jours, Lado Amido, un immigré mozambicain, a ouvert la porte de son domicile dans la ville sud-africaine de Kleinmond. Dehors, une foule en colère lui a crié que les étrangers comme lui devaient partir.

Lado Amido est parti de chez lui et a passé deux nuits dans les montagnes environnantes, avant de trouver refuge dans un bâtiment de la mairie, comme d'autres immigrés originaires du Malawi et du Mozambique qui ont été contraints de fuir les violences xénophobes dans plusieurs villes de la province du Cap-Occidental.

L'Afrique du Sud a connu ces dernières semaines une nouvelle vague de manifestations contre les immigrés, dont certaines ont dégénéré. Le Mozambique a déclaré que cinq de ses ressortissants avaient été tués lors d'attaques xénophobes dans la ville de Mossel Bay ce week-end.

Lado Amido vivait 300 km plus à l'ouest, non loin du Cap, dans la petite ville côtière de Kleinmond.

"Le 31, des gens sont venus chez moi, ont frappé à ma porte, puis ont emporté toutes mes affaires", dit cet homme de 49 ans, arrivé en février en Afrique du Sud dans l'espoir de trouver un emploi.

À la mairie de Kleinmond, il a retrouvé une centaine d'autres immigrés, dont certains espèrent participer aux programmes de rapatriement volontaire mis en place par leurs gouvernements.

Les attaques xénophobes sont un problème récurrent en Afrique du Sud, où les immigrés sont souvent tenus pour responsables des difficultés économiques et de la criminalité galopante.

RHÉTORIQUE POPULISTE

Bien que rien ne permette d'établir un tel lien, les responsables politiques de tous bords recourent régulièrement à cette rhétorique populiste à l'approche des élections, comme les élections municipales prévues en fin d'année.

"Alors que nous nous efforçons de bâtir une société plus sûre (...) et plus prospère, nous devons relever le défi de l'immigration", a déclaré mardi le président Cyril Ramaphosa devant le Parlement, tout en condamnant les récentes violences xénophobes.

Selon Grant Cohen, conseiller municipal de Kleinmond, les services de l'immigration sont venus dans la ville ces dernières semaines pour contrôler les restaurants et autres commerces à la recherche de travailleurs sans papiers.

Mais la plupart des immigrés qui ont trouvé refuge à la mairie sont en situation régulière dans le pays, a-t-il déclaré à Reuters. "Nous avons ici des enfants qui devraient être à l'école, qui allaient à l'école à Kleinmond (mais) qui veulent maintenant fuir le pays par peur et à cause des intimidations", déplore-t-il.

Michael Markson, un Malawien de 31 ans, a passé une nuit dans les montagnes après avoir fui samedi le bidonville où il vivait depuis environ un an.

"Mon propriétaire est venu me dire que je devais partir parce que s'ils me trouvaient, ils allaient me tuer", raconte-t-il. De là où il était caché, Michael Markson dit avoir vu une foule de manifestants arpenter les rues de la ville, certains armés de couteaux et de bâtons.

Le jeune Malawien attend désormais de l'aide pour rentrer chez lui, car il n'en a pas les moyens. "Dans notre pays, l'économie va mal (mais) c'est mieux que de vivre à un endroit où votre vie est menacée."

(Reportage d'Esa Alexander à Kleinmond, avec la contribution de Nellie Peyton à Johannesburg et de Custodio Cossa à Maputo ; version française Tangi Salaün, édité par Benoit Van Overstraeten)

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