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Les Houthis proches de contrôler le détroit stratégique de Bab el-Mandeb
information fournie par Reuters 10/09/2026 à 18:00
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(Actualisé avec prise des îles Hanish, navigation en mer Rouge et déclaration des Houthis)

par Nayera Abdallah et Mohammed Ghobari

Les Houthis, mouvement soutenu par l'Iran contrôlant une partie du Yémen, se sont emparés jeudi de la ville yéménite historique de Mokha, sur la mer Rouge, ont dit quatre sources militaires du gouvernement yéménite à Reuters.

Avec cette conquête, ils se rapprochent un peu plus du contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, un des axes maritimes les plus stratégiques au monde.

Après avoir perdu Mokha, les forces gouvernementales et leurs alliés ont trouvé refuge dans la ville de Dubab, plus au sud, qui donne directement sur le détroit.

Des sources militaires du gouvernement du Yémen ont dit à Reuters que les Houthis avaient atteint les îles Hanish, archipel situé en mer Rouge, au nord du détroit.

Le contrôle aussi bien de ces îles que de la ville de Dubab est essentiel pour s'emparer du détroit de Bab el-Mandeb, selon les sources gouvernementales.

La navigation en mer Rouge est sûre pour les compagnies maritimes à l'exception des navires saoudiens, a déclaré dans un communiqué le centre de coordination des opérations humanitaires géré par les Houthis.

Les Houthis, qui contrôlent les zones les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord du pays dont la capitale Sanaa, ont lancé plusieurs attaques contre l'Arabie saoudite et en mer Rouge depuis leur annonce en juillet dernier d'un blocus maritime des ports saoudiens.

Mohammed Abdulsalam, porte-parole du mouvement yéménite, a déclaré que les opérations défensives cesseraient dès que le Yémen aurait mis fin à ses attaques.

Le conflit entre les deux parties s'est intensifié ces derniers jours, créant un second théâtre d'opérations dans la guerre en Iran, ce qui pèse encore plus sur les approvisionnements énergétiques, déjà perturbés par la fermeture de fait du détroit d'Ormuz.

Le détroit de Bab el-Mandeb, littéralement "la porte des larmes" en arabe, est un des carrefours maritimes les plus importants pour le transport de pétrole depuis le Golfe vers la mer Méditerranée via le canal de Suez ou l'oléoduc Suez-Méditerranée situé sur la côte égyptienne de la mer Rouge, ainsi que pour les matières premières destinées à l'Asie, notamment le pétrole russe.

Un blocage du détroit isolerait les Etats producteurs de pétrole du Golfe, comme l'Arabie saoudite, des routes maritimes principales après que l'Iran a de facto fermé le détroit d'Hormuz, artère commerciale par laquelle transitait avant le conflit un cinquième du commerce maritime mondial d'hydrocarbures.

L'escalade de tensions au Yémen intervient alors que des échanges de tirs ont repris entre Washington et Téhéran après des semaines de calme relatif.

AVERTISSEMENT À TÉHÉRAN

Le dirigeant militaire allié aux forces gouvernementales du Yémen, Tarek Saleh, neveu du président yéménite assassiné Ali Abdallah Saleh en 2017, a dit avoir demandé à ses hommes d'établir un centre de commande alternatif sur la côte ouest de la mer Rouge.

Les instructions de Tarek Saleh sont un signe que les Houthis tentent de réaliser une percée par l'ouest.

Le Pakistan, qui joue depuis le début du conflit dans la région un rôle de médiateur entre l'Iran d'un côté et les Etats-Unis et Israël de l'autre, a délivré un message de l'Arabie saoudite exigeant de Téhéran qu'il rappelle à l'ordre ses alliés houthis après les récentes attaques, selon des sources saoudienne, pakistanaise et iranienne.

Un haut responsable iranien a confirmé que le Pakistan avait transmis un message à Téhéran mardi, précisant que la réponse était que le régime iranien ne contrôlait pas le mouvement

Selon deux sources iraniennes, Téhéran a demandé aux Houthis de mener la semaine dernière des attaques sur Riyad en échange d'armes et de fonds supplémentaires, alors que plusieurs membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) se sont déplacés au Yémen pour coordonner les attaques.

Les Houthis, mouvement militaire, politique et religieux qui domine le nord-ouest du Yémen, ont pris pour cible des navires en mer Rouge en novembre 2023 en soutien aux Palestiniens dans le cadre de la guerre menée par Israël à Gaza en représailles à l'attaque du Hamas contre l'Etat hébreu le 7 octobre 2023.

Les attaques en mer Rouge ainsi que sur l'Arabie saoudite ont repris cette année en réponse au déclenchement de la guerre des Etats-Unis contre l'Iran le 28 février.

ATTAQUES SUR DES VILLES SAOUDIENNES

Des centaines de femmes et d'enfants ont quitté Mokha jeudi pour les provinces de Lahj et d'Aden, contrôlées par le gouvernement soutenu par Riyad.

Dans certaines zones des provinces de Taïz et d'al-Hodeïda, plus de 20.000 personnes ont été déplacées à cause des affrontements des deux dernières semaines.

Les frappes saoudiennes ont pris pour cible les provinces yéménites de Jawaf, Marib, Taïz et al-Hodeïda, une place forte utilisée par les Houthis pour mener leurs attaques, selon le mouvement.

L'Arabie saoudite n'a pas confirmé l'existence de ces frappes.

La coalition emmenée par l'Arabie saoudite au Yémen, destinée à lutter contre les Houthis, a déclaré que le mouvement armé avait intensifié ses attaques qui ont fait au moins 73 blessés.

En 2014, les Houthis se sont emparés de la capitale yéménite Sanaa, forçant le gouvernement à se réfugier vers le sud du pays et la ville d'Aden.

Craignant l'influence grandissante de Téhéran au Yémen, l'Arabie saoudite a mené une intervention militaire contre les Houthis en 2015 pour déloger le mouvement armé et restaurer le gouvernement.

La guerre civile qui en a découlé est devenue l'une des plus importantes crises humanitaires de ces dernières années et a mené à des frappes aériennes dévastatrices employées par l'Arabie saoudite et ses partenaires de coalition, incluant les Emirats arabes unis.

(Version française Zhifan Liu, édité par Benoit Van Overstraeten)

2 commentaires

  • 10 septembre 14:19

    M6604965 Les Egyptiens n'ont pas nécessairement envie de s'impliquer dans ce bourbier. Surtout en intervenant aux côté des US et d'Israel ce qui risquerait de causer de gros troubles chez eux.


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