Le président américain Donald Trump à son arrivée à l'aéroport d'Ocala, en Floride, le 1er mai 2026 ( AFP / Jim WATSON )
Les Etats-Unis se trouvent dimanche à six mois d'élections législatives décisives, lors desquelles les Américains décideront de la suite à donner au second mandat de Donald Trump, après deux années qui ont déjà profondément changé le pays.
"Les enjeux sont très élevés", estime Mindy Romero, directrice du Center for Inclusive Democracy à l'université de Californie du Sud. Ces élections de mi-mandat sont un "moment charnière" pour les deux partis, ajoute-t-elle.
Pour les démocrates, la question n'est pas seulement de reprendre le contrôle du Congrès: ils martèlent que "Donald Trump et les responsables républicains représentent une menace existentielle pour l'Amérique", explique la politologue à l'AFP.
Côté républicain, le président de 79 ans compte bien conserver sa majorité parlementaire pour faire adopter le reste de son programme législatif.
Dans le cas contraire, répète-il à l'envi, les démocrates lanceraient une procédure de destitution à son encontre presque immédiatement. Un Congrès démocrate pourrait également bloquer ses nominations, lancer des enquêtes et entraver sérieusement la mise en oeuvre de sa politique.
L'ensemble des 435 sièges de députés à la Chambre des représentants seront remis en jeu en novembre, tandis que 33 des 100 sièges au Sénat seront renouvelés.
Les républicains ne disposent actuellement que d'une faible majorité dans les deux assemblées, et les démocrates espèrent bien reprendre le contrôle de la Chambre, voire du Sénat.
- Président impopulaire -
Car aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au parti qui a remporté la Maison Blanche deux ans auparavant.
Et à six mois du scrutin, les perspectives s'assombrissent pour les républicains, avec l'accumulation d'enquêtes d'opinion montrant des niveaux record de mécontentement envers Donald Trump.
"Le président est assez impopulaire, et c'est habituellement un indicateur assez fort de comment le parti présidentiel se débrouillera lors des élections de mi-mandat", note Julia Azari, professeure de sciences politiques à l'université Marquette.
Une station-service à Monterey Park, en Californie, le 30 avril 2026 ( AFP / Frederic J. BROWN )
Nombre d'Américains estiment que le milliardaire républicain n'a pas réussi à améliorer leur situation économique, alors même qu'il avait été élu en partie sur cette promesse.
La guerre lancée contre l'Iran s'avère aussi largement impopulaire, tout comme la hausse des prix de l'essence qu'elle a entraînée.
Accusé par les démocrates d'autoritarisme depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump voit en outre sa politique très répressive à l'encontre des migrants décriée par une partie du grand public, souligne Julia Azari.
Dans l'autre camp, les sondages ne montrent pas pour autant un enthousiasme débordant envers l'opposition.
"Les Américains sont mécontents de la tournure générale et des deux partis", avance Julia Azari.
"Pourtant, quelqu'un doit bien gagner" en novembre, et l'"on pourrait voir les gens ne pas être satisfaits des démocrates mais aller tout de même dans cette direction", ajoute la politologue.
- "Chaos électoral" -
Parmi les autres thèmes majeurs de la campagne, la bataille lancée par Donald Trump autour du charcutage électoral.
Le président américain a exigé en 2025 de plusieurs Etats dirigés par des républicains qu'ils redessinent leurs circonscriptions, de manière à diluer le vote démocrate dans l'espoir de glaner des sièges supplémentaires au Congrès.
Une pratique nommée "gerrymandering", qui ne date pas d'hier aux Etats-Unis mais que Donald Trump a remis au goût du jour, notamment au Texas ou en Caroline du Nord.
Les démocrates ont riposté de leur côté en redécoupant les cartes d'Etats qu'ils dirigent, comme en Californie ou en Virginie.
Des pancartes électorales à l'entrée d'un bureau de vote à Houston, au Texas, le 3 mars 2026 ( AFP / RONALDO SCHEMIDT )
La décision cette semaine de la Cour suprême à majorité conservatrice de restreindre les découpages électoraux favorisant les minorités a rebattu encore davantage les cartes.
Plusieurs gouverneurs républicains du Sud, comme en Louisiane ou en Alabama ont déjà annoncé leur volonté de redessiner leurs circonscriptions pour éliminer des sièges démocrates.
L'impact de tous ces redécoupages reste à déterminer, mais participe à un "chaos électoral" préoccupant selon Julia Azari.
Pour Mindy Romero, l'incertitude qui domine à six mois des élections peut être comparée à "un échiquier en mouvement, à l'arrière d'un camion, sur une route de campagne cahoteuse".

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