Dernier jour du procès en appel de Marine Le Pen pour détournement de fonds européens au tribunal de Paris
Les avocats de Marine Le Pen ont plaidé la relaxe de leur cliente en invoquant sa bonne foi, mercredi au dernier jour d'audience du procès en appel des assistants parlementaires du Front national (FN).
"Si ce qu'elle a fait à l'époque est un délit, elle n'a pas le sens d'en avoir commis un," a déclaré Sandra Chirac-Kollarik, la première à s'exprimer devant la cour, en rejetant l'accusation de détournement de fonds publics dont la députée du Pas-de-Calais a été jugée coupable en première instance, en mars 2025.
En cause: l'utilisation par Marine Le Pen et d'autres cadres du FN de fonds du Parlement européen dans le but de rémunérer des personnes travaillant en réalité pour le parti.
Déroulant un argument déjà plusieurs fois avancé par la défense, l'avocate a jugé peu claires les règles de l'institution en la matière. "A aucun moment, Marine Le Pen n'a pu imaginer qu'elle enfreignait la règle", a-t-elle insisté.
Les plaidoiries de Sandra Chirac-Kollarik et Rodolphe Bosselut marquent la fin de quatre semaines d'audience, à l'issue desquelles la cour d'appel annoncera la date de son jugement, attendu d'ici l'été.
De l'arrêt de la cour d'appel de Paris dépendra la possibilité ou non pour Marine Le Pen de briguer pour la quatrième fois, l'an prochain, la présidence de la République.
Une peine d'inéligibilité de cinq ans, conforme aux réquisitions du parquet, lui barrerait la route de l'Elysée, l'obligeant à céder la place au président du RN Jordan Bardella.
La présidente du groupe Rassemblement national (RN, nouvelle appellation du FN) à l'Assemblée nationale a déclaré à plusieurs reprises qu'elle prendrait sa décision une fois connu le jugement en appel, sans attendre l'issue d'un éventuel pourvoi en cassation.
Outre l'inéligibilité, le ministère public a requis le 3 février dernier à son encontre une peine de quatre ans de réclusion, dont un an ferme sous bracelet électronique, et une amende de 100.000 euros. Il a également demandé que les autres prévenus ayant fait appel soient de nouveau condamnés.
En mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu Marine Le Pen et huit autres anciens députés européens du FN coupables de détournement de fonds publics, pour un total de 4,1 millions d'euros utilisés au profit du parti sur une période courant de 2004 à 2016.
Le parti - pour lequel a été requise en appel une amende de deux millions d'euros dont un million avec sursis - et une douzaine d'assistants parlementaires avaient également été reconnus coupables d'avoir perçu indûment cette somme.
(Reportage Juliette Jabkhiro, rédigé par Jean-Stéphane Brosse)

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