(Actualisé avec autorités sanitaires, ministre français des Affaires étrangères)
Des pays du monde entier s'activaient jeudi pour retrouver des personnes ayant quitté le navire de croisière frappé par une épidémie mortelle d'hantavirus avant son immobilisation au large du Cap-Vert afin d'éviter toute propagation supplémentaire de la maladie.
Trois personnes - un couple de Néerlandais et un Allemand - sont mortes à la suite de cette épidémie survenue à bord du navire, le MV Hondius. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), huit personnes en tout, dont un Suisse, sont suspectées d'avoir contracté le virus.
Le gouvernement néerlandais a indiqué qu'environ 40 passagers avaient débarqué sur l'île britannique de Sainte-Hélène, dans l'océan Atlantique, où le navire a fait escale sur sa route vers le Cap-Vert, avant que l'épidémie ne soit signalée.
La localisation de bon nombre de ces passagers reste pour l'heure inconnue.
L'épouse du Néerlandais décédé à bord du MV Hondius le 11 avril figure parmi les personnes ayant débarqué du navire. Elle-même tombée malade, elle est morte avant de pouvoir regagner les Pays-Bas.
La compagnie aérienne néerlandaise KLM a indiqué mercredi que cette femme s'était brièvement retrouvée à bord d'un avion de la compagnie à Johannesburg le 25 avril mais que le personnel de bord l'avait fait débarquer en raison de son état de santé.
Selon la chaîne RTL, une hôtesse de l'air de KLM qui avait été en contact avec elle a depuis été admise dans un hôpital d'Amsterdam après avoir présenté de possibles symptômes compatibles avec une infection par hantavirus.
Le ministère néerlandais de la Santé a confirmé qu'une ressortissante du pays avait été hospitalisée et indiqué qu'elle serait testée, sans toutefois préciser ni sa profession ni les personnes avec lesquelles elle aurait pu être en contact.
CINQ FRANÇAIS À BORD, UN CAS CONTACT
Un porte-parole de KLM a déclaré que la compagnie aérienne ne pouvait pas communiquer précisément sur des "cas individuels" pour des raisons de confidentialité.
Les experts ont indiqué avoir identifié chez les victimes du virus une souche originaire des Andes, qui n'est susceptible de se transmettre entre humains que dans de rares cas et via des contacts très étroits, mais l'épidémie a placé les autorités sanitaires en état d'alerte élevée.
L'agence fédérale américaine de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) a indiqué suivre de près la situation des voyageurs américains à bord du navire, ajoutant que le risque pour le public aux Etats-Unis était extrêmement faible à ce stade.
Un citoyen français a été en contact avec une personne tombée malade mais ne présente actuellement aucun symptôme, a en outre déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Selon la presse, il s'agirait de l'un des passagers d'un vol emprunté par l'un des cas avant son hospitalisation.
Cinq Français comptent par ailleurs parmi les passagers à bord du MV Hondius.
"Ils sont toujours sur place et ont été contactés par les médecins du ministère des Affaires étrangères", a dit Jean-Noël Barrot sur RTL. "Ils se portent bien", a-t-il précisé, ajoutant que la France programmait leur rapatriement" et que des discussions étaient en cours avec l'OMS pour "définir les protocoles permettant d'éviter tout risque de propagation".
Le ministère argentin de la Santé a pour sa part annoncé qu'il allait capturer et analyser des rongeurs dans la ville australe d'Ushuaia, point de départ du navire de croisière, alors que le virus se transmet généralement par contact avec ces animaux infectés, leur urine, leurs excréments ou leur salive.
PLUS PERSONNE N'A DE SYMPTÔMES À BORD
Le MV Hondius, avec près de 150 personnes à bord, a fait route vers l'Espagne tard mercredi et devrait accoster dimanche à Tenerife, plus grande île de l'archipel espagnol des Canaries, a indiqué le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
Aucune personne à bord ne présente actuellement de symptômes d'hantavirus, a précisé l'ECDC, dont les experts font partie de l'équipe médicale présente à bord du MV Hondius. L'agence a ajouté qu'elle travaillait avec les autorités espagnoles pour finaliser un protocole de débarquement.
Une fois à Tenerife, si leur état de santé le permet, tous les passagers non espagnols seront rapatriés dans leurs pays respectifs, tandis que 14 ressortissants espagnols seront placés en quarantaine dans un hôpital militaire à Madrid.
Trois patients ont été évacués du navire mercredi. L'un a été admis dans un hôpital aux Pays-Bas, tandis qu'un autre a été transféré en Allemagne pour y recevoir des soins médicaux.
L'avion transportant le troisième patient a atterri aux Pays-Bas jeudi matin après avoir subi un retard en raison d'un problème affectant le système d'assistance respiratoire du patient.
(Bart Meijer et Ingrid Melander, avec Toby Sterling, version française Bertrand Boucey et Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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