Aller au contenu principal
Fermer

Législatives 2024 : les hauts fonctionnaires s'inquiètent d'une arrivée au pouvoir du RN, mais ne préparent pas un exode massif
information fournie par Boursorama avec Media Services 03/07/2024 à 09:42

"Il y a une voix majoritaire qui s'est exprimée en faveur d'un mouvement politique", et pour les cadres de l'État, "partir, c'est quelque part refuser ce jeu démocratique", analyse une haute fonctionnaire.

( AFP / CLEMENS BILAN )

( AFP / CLEMENS BILAN )

Les hauts fonctionnaires se disent pour certains inquiets de l'éventualité de l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, mais sont plutôt en "prise de renseignements" plutôt qu'en préparation d'un "exode spectaculaire". Ils songent à se replier vers des postes où leur indépendance serait protégée. Ainsi, une vague massive de départs semble improbable.

"Je suis dans une perspective où de toute façon, le RN, s'il ne passe pas en 2024, passera à un moment donné" , témoigne auprès de l' AFP une haute fonctionnaire en poste dans un ministère, qui va tenter d'intégrer la Cour des comptes. "C'est un organisme totalement indépendant, autonome et protégé par la Constitution", rappelle-t-elle, à l'inverse des postes de l'administration centrale des ministères ou de conseiller ministériel.

Mais le projet de cette haute fonctionnaire est bien antérieur à l'annonce début juin de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron. "Indépendamment de la situation nationale (...), ma stratégie de carrière est d'entrer dans un grand corps" de la fonction publique d'État pour pouvoir y retourner "lorsqu'un gouvernement qui ne colle absolument pas à mes valeurs" est au pouvoir, développe-t-elle.

Pour autant, cette haute fonctionnaire ne croit pas à un "exode spectaculaire" de ses pairs vers des fonctions moins exposées. Car la dernière réforme de la haute fonction publique a nettement réduit le nombre de grands corps. La Cour des comptes ou le Conseil d'État ont conservé le leur, au contraire des inspections générales, des préfets ou des diplomates.

En outre, "il y a une voix majoritaire qui s'est exprimée en faveur d'un mouvement politique", en l'occurrence le RN arrivé en tête du premier tour des élections législatives, rappelle la haute fonctionnaire, et pour les cadres de l'État, "partir, c'est quelque part refuser ce jeu démocratique".

"Pas encore de vague de panique"

Même prudence du côté de la prestigieuse Inspection générale des Finances (IGF), historiquement pourvoyeuse de conseillers ministériels. Questionnée sur l'attitude de ses membres passés ou actuels en cas d'arrivée du RN au gouvernement, l'IGF répond que "le service n'a pas à encourager ou pas les choix de carrière."

"Les cabinets ministériels peuvent demander à l'IGF certains profils pour garnir leurs rangs", mais la réponse de chaque haut fonctionnaire à ce type de sollicitations est un choix "individuel et personnel", souligne le service de Bercy. Interrogés par l' AFP sur un éventuel afflux de candidatures ou demandes de réintégration depuis la dissolution, le Conseil d'État n'a pas souhaité s'exprimer et la Cour des comptes n'a pas répondu.

En dehors de la fonction publique d'État, les collectivités locales (communes, départements, régions), dont la liberté d'administration est consacrée par la Constitution, peuvent aussi attirer des hauts fonctionnaires en quête d'indépendance. Président de l'association des DRH des grandes collectivités, Vincent Lescaillez observe qu'actuellement les hauts fonctionnaires d'État sollicitent plus que d'ordinaire les exécutifs locaux.

"J'ai un poste d'administrateur ouvert dans ma collectivité, j'ai reçu dix candidatures en provenance de l'État", affirme-t-il en guise d'illustration auprès d'un journaliste de l' AFP . "Mais on est plus au stade de la prise de renseignements, pas encore sur une vague de panique" , tempère Vincent Lescaillez.

La section "nominations" dans le compte-rendu du Conseil des ministres promet d'être scrutée à quatre jours du second tour des élections législatives. La leader du RN Marine Le Pen a en effet accusé Emmanuel Macron de vouloir profiter du dernier Conseil avant le scrutin pour nommer un nouveau directeur général de la police nationale. Plus généralement, Marine Le Pen reproche au chef de l'État d'avoir multiplié les nominations à des postes clés de la haute administration ces dernières semaines, en prévision d'une éventuelle arrivée du RN au gouvernement. En juin 2024, 932 textes de nomination -affectations, réintégrations, renouvellements...- ont été publiés au Journal officiel (JO), indique sa rédaction à l' AFP . Un total supérieur à la moyenne des nominations annoncées en juin entre 2017 et 2024 (836 textes), mais encore loin des plus de 1.200 mesures nominatives de décembre 2020.

"On peut certes noter une hausse des mesures nominatives qui peut s'expliquer peut-être en partie par le contexte électoral, mais elle n'a rien d'extraordinaire ni de très significatif à ce stade ", commente la rédaction du JO.

27 commentaires

  • 03 juillet 11:59

    des centaines de personnes sont rede vables à Mac ron de leur bonne fortune ... sans doute pour notre malheur ... ils ne vont pas lacher le bout de gras


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Les épargnants vont connaître jeudi le nouveau taux du Livret A, applicable au 1er février, qui risque de baisser à nouveau, en raison du ralentissement de l'inflation ( AFP / Denis CHARLET )
    information fournie par AFP 15.01.2026 04:07 

    Les épargnants vont connaître jeudi le nouveau taux du Livret A, applicable au 1er février, qui risque de baisser à nouveau, en raison du ralentissement de l'inflation. Aujourd'hui à 1,7%, le rendement de ce produit d'épargne très populaire - 57 millions de Français ... Lire la suite

  • Le président français Emmanuel Macron lors de la Conférence des ambassadeurs à l'Elysée, à Paris, le 8 janvier 2026 ( POOL / Michel Euler )
    information fournie par AFP 15.01.2026 04:04 

    Emmmanuel Macron présente jeudi ses voeux aux Armées, un rendez-vous très attendu alors que la France est toujours en quête d'un budget pour 2026, sur fond de tensions géopolitiques, y compris transatlantiques, et de besoins militaires croissants. Le chef des Armées ... Lire la suite

  • Le Premier ministre canadien Mark Carney (g), lors d'une conférence de presse en marge du 47e sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) à Kuala Lumpur le 27 octobre 2025, et le président chinois Xi Jinping (d) à la base aérienne de Gimhae, à Busan en Corée du Sud, le 30 octobre 2025 ( AFP / Arif Kartono )
    information fournie par AFP 15.01.2026 03:59 

    Le Premier ministre canadien Mark Carney entame jeudi à Pékin ses rencontres avec les officiels chinois pour clore un long chapitre de fâcherie et stimuler le commerce avec un partenaire soumis comme son pays aux pressions américaines. C'est la première visite ... Lire la suite

  • De jeunes partisans du président ougandais sortant Yoweri Museveni brandissent des affiches électorales et chantent des slogans à son dernier meeting de campagne, le 13 janvier 2026 à Kampala ( AFP / - )
    information fournie par AFP 15.01.2026 03:55 

    Les Ougandais se rendent aux urnes jeudi pour des élections législatives et présidentielle, le président Yoweri Museveni cherchant à prolonger ses 40 années au pouvoir dans un contexte de répression et de blocage d'internet. Le quotidien ougandais Daily Monitor ... Lire la suite

Pages les plus populaires