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Le RN censurera tout gouvernement du Nouveau Front populaire
information fournie par Reuters 26/08/2024 à 19:20

(Actualisé avec Attal et Mélenchon §19-21)

Le Rassemblement National (RN) s'est catégoriquement opposé lundi à l'hypothèse de la nomination d'un gouvernement issu de l'alliance de gauche Nouveau Front populaire (NFP), que l'extrême droite considère comme un "danger" pour le pays.

Le président du RN, Jordan Bardella, et la cheffe de file du groupe à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen, ont été reçus par le chef de l'Etat à l'Elysée dans le cadre des consultations de partis et de groupes parlementaires entamées vendredi dans la perspective de doter la France d'un nouveau Premier ministre.

"Le Nouveau Front populaire dans son programme, dans ses mouvements, comme pour les personnalités qui l'incarnent représente aujourd'hui un danger pour l'ordre public, la paix civile et évidemment pour la vie économique du pays", a dit Jordan Bardella à la presse à sa sortie.

"Nous entendons protéger le pays d'un gouvernement qui fracturerait la société française", a-t-il ajouté dans les jardins de l'Elysée.

A ses côtés, Marine Le Pen a réclamé l'ouverture d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale et rappelé qu'un référendum pouvait être organisé.

"Le président a toujours la possibilité, en cas de blocage de l'Assemblée, de demander aux Français directement leur avis, nous y sommes très favorables", a-t-elle dit tout en accusant Emmanuel Macron de "faire perdurer le chaos".

Reçu à leur suite par Emmanuel Macron, l'allié du RN Eric Ciotti, président du groupe A droite! à l'Assemblée, a déclaré que d'autres consultations pourraient être menées à l'Elysée et que la nomination d'un Premier ministre attendrait.

"Manifestement, la décision n'est pas imminente", a dit le député, qui a lui aussi prôné la censure d'un gouvernement NFP.

De son côté, le NFP a déclaré qu'il ne participerait à d'autres discussions qu'à la condition que Lucie Castets ait été nommée à la tête de Matignon.

"Le président de la République doit désormais agir et nommer Lucie Castets à Matignon", a dit l'alliance de gauche dans un communiqué.

"Dans l'attente, nous ne participerons à de prochaines discussions avec le président de la République que pour travailler sur les modalités de cette cohabitation et, respectueux des institutions, nous nous tenons à sa disposition pour tout échange dans cet objectif."

Avec 143 députés, alliés compris, le RN est le camp qui a le plus grand nombre d'élus au Palais-Bourbon, mais il ne dispose que du troisième bloc parlementaire derrière l'alliance de gauche du Nouveau Font Populaire (NFP) et le camp présidentiel, dont les désistements réciproques au second tour des élections législatives ont privé de majorité le parti de Jordan Bardella.

LE PEN NE CROIT PAS À UN "GOUVERNEMENT TECHNIQUE"

Alors que le remplaçant de Gabriel Attal à Matignon se fait attendre, Marine Le Pen a refusé de donner des noms - se refusant à "jouer à la 'baballe'" - et balayé l'hypothèse d'un gouvernement dit "technique", sans personnalité politique et ouvert à la société civile.

"Je ne crois pas du tout à un gouvernement technique. Il n'y a que des gouvernements politiques planqués derrière des appellations techniques", a-t-elle dit, mettant en garde contre un "gouvernement bruxellois qui met en oeuvre les suggestions de la Commission (européenne) sous des apparences de technicité."

Emmanuel Macron devait déjeuner ce lundi avec Ursula von der Leyen, réélue à la tête de la Commission européenne après les élections de juin.

Le NFP propose pour Matignon une haute fonctionnaire de 37 ans, Lucie Castets, qui a été reçue avec les élus de son camp vendredi à l'Elysée et se dit prête à des "compromis".

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lancé ce week-end l'idée d'un gouvernement du NFP sans ministres "Insoumis" pour surmonter l'opposition du bloc central et de la droite, qui ont promis de censurer "immédiatement" tout gouvernement intégrant le parti d'extrême gauche.

Cette proposition n'a pas convaincu le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal qui a dénoncé, dans un message aux députés de son groupe Ensemble pour la république consulté par Reuters, "un simulacre d’ouverture (qui) est en fait une tentative de coup de force".

"Nous ne signerons pas ce chèque en blanc et ne serons donc pas complices de cette tentative de coup de force", a affirmé Gabriel Attal.

"(Gabriel) Attal m'accuse de "coup de force. Mais je ne suis pas dupe", a répondu Jean-Luc Mélenchon sur X. "Je suis juste le prétexte pour lui d'une autre opération, a-t-il ajouté, accusant le chef du gouvernement de "ruiner l'opération de rencontre du Président avec tous les partis représentés à l’Assemblée".

(Reportage Elizabeth Pineau et Tangi Salaün, rédigé par Kate Entringer, édité par Zhifan Liu)

1 commentaire

  • 27 août 06:07

    Devant tant d’insécurité et d’immigration et aucune mesure sérieuse n’a été prise la France a viré à droite qu’il le veuille ou non à lui d’en tirer les conséquences et ne pas écouter son épouse ancien professeur vraisemblablement de gauche


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