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Affaire Lyhanna: des milliers de manifestants en colère interpellent la justice
information fournie par AFP 08/06/2026 à 21:53

Manifestation non autorisée place Vendôme, mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles, devant le ministère de la Justice à Paris, le 8 juin 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Manifestation non autorisée place Vendôme, mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles, devant le ministère de la Justice à Paris, le 8 juin 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

"Justice réveille-toi", "Plus jamais cela". Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés lundi soir dans des dizaines de villes de France et devant la Chancellerie à Paris, mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles.

De nombreuses associations féministes et enfantistes, parmi lesquelles NousToutes, la Fondation des femmes, Face à l'inceste, le Collectif Féministe contre le viol, avaient appelé à des rassemblements en début de soirée devant les tribunaux de plus de 160 villes de France.

"Rendez-nous la justice", "pour les victimes, la peine est imprescriptible", "quand un enfant appelle à l'aide, chaque silence est une violence supplémentaire", pouvait-on lire sur les pancartes à Paris.

A Agen (Lot-et-Garonne), dont le parquet est chargé de l’enquête sur la mort de Lyhanna, au moins un millier de personnes de tous âges, dont des enfants, se sont rassemblées devant le palais de justice.

"La parole des enfants n’est pas du tout prise au sérieux, la justice met beaucoup plus en avant la présomption d’innocence que la parole des victimes", a dit Lori Bess, l’une des organisatrices de ce rassemblement citoyen d’une ampleur inédite dans cette ville.

Devant le tribunal judiciaire d'Auch (Gers), plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour crier "Lyhanna, plus jamais ça".

Devant cette juridiction située à une trentaine de kilomètres de Fleurance, de nombreuses pancartes demandaient "justice pour nos filles" ou proclamaient "Darmanin démission", un slogan repris par la foule qui l'a peu à peu transformé, brièvement, en "procureure démission".

A Paris, le rassemblement qui devait avoir lieu devant le ministère de la Justice place Vendôme a été interdit par la préfecture de police et déplacé dans l'île de la Cité place Lépine pour "risque de trouble à l'ordre public".

"De quoi ils ont peur? de la colère des femmes et des enfants?", a réagi Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes.

"Gros travail à faire"

Pourtant c'est bien place Vendôme qu'a eu lieu le plus gros rassemblement, malgré l'interdiction, rejoint par les actrices Anna Mouglalis et Judith Godrèche, la fille de Richard Berry, Coline Berry, ou encore le militant Arnaud Gallais.

Selon la préfecture de police, 1.700 personnes se sont rassemblées place Lépine et 1.200 place Vendôme.

Plusieurs centaines de manifestants - des femmes pour la plupart -, dont beaucoup "en colère", étaient rassemblés aux cris de "Darmanin démission" et "Justice pour les enfants" sous les fenêtres de la Chancellerie, protégée par plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre.

Des membres du groupe international d'activistes féministes radicales FEMEN participent à une manifestation mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna, place Vendôme, devant le ministère de la Justice à Paris, le 8 juin 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Des membres du groupe international d'activistes féministes radicales FEMEN participent à une manifestation mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna, place Vendôme, devant le ministère de la Justice à Paris, le 8 juin 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Quelques militantes Femen se sont dénudées en criant "justice pour Lyhanna".

"Qu’est-ce qu’il y a de plus dangereux, un gouvernement et une justice qui laissent des violeurs dans la nature ou une manifestation de pacifistes qui vont faire en sorte que le monde se remette à l’endroit ?", a réagi l’animatrice de télévision Flavie Flament à Paris, qui a porté plainte contre le chanteur Patrick Bruel.

"Nos enfants sont violés par des multirécidivistes. Il y a un gros travail à faire dans la justice, l'Education, tous les service publics", a déclaré Andréa Bescond, cinéaste autrice des "Chatouilles" sur BFMTV.

Les représentants des associations de défense des femmes et des enfants ont déclaré mener un "même combat" contre les "violences masculines", "contre un système qui protège davantage les agresseurs que les victimes".

À Lyon, environ 800 personnes se sont rassemblées devant la cour d'appel du Rhône. "Je suis ici en tant que mamie, car cette situation est intolérable. J'ai peur pour mes petits-enfants. Il y a des grosses failles dans la justice en France", a dit à l'AFP Virginie Maurin, 68 ans, infirmière à la retraite.

Les associations réclament l'adoption d'une "proposition de loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants", déposée fin 2025 mais qui n'a jamais été examinée.

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