(Actualisé avec déclaration, précisions, contexte)
Le président hongrois Tamas Sulyok a annoncé samedi avoir promulgué l'amendement constitutionnel mettant fin à son mandat, nouvelle étape de la campagne entreprise par le Premier ministre Peter Magyarpour écarter des institutions les personnalités jugées fidèles à son prédécesseur Viktor Orban.
Cet amendement a été adopté en début de semaine par le Parlement hongrois dominé par Tisza, le parti conservateur de Peter Magyar, qui juge avoir obtenu le mandat de purger les cercles du pouvoir des partisans de Viktor Orban, chef du gouvernement pendant 16 ans, après son écrasante victoire aux élections législatives en avril.
L'amendement met un terme immédiat au mandat de Tamas Sulyok en raison de la "grave perte de confiance" du pays en son président, élu début 2024 à ce poste essentiellement honorifique par le Parlement alors dominé par les nationalistes du Fidesz, la formation de Viktor Orban.
Ancien juge à la Cour constitutionnelle, Tamas Sulyok a dit n'avoir d'autre choix que de promulguer ce texte par respect pour la loi, tout en dénonçant un atteinte à l'état de droit et un dangereux précédent.
Le Parlement, où Tisza dispose d'une majorité des deux tiers lui permettant de réformer à sa guise, va élire un nouveau chef de l'Etat dont le mandat courra jusqu'à l'entrée en vigueur d'une nouvelle Constitution ou pour un maximum de cinq ans.
L'amendement promulgué samedi interdit aussi aux parlementaires de siéger plus de 12 ans et fixe à 70 ans l'âge de départ à la retraite des juges de la Cour constitutionnelle, dont le président Peter Polt, allié de Viktor Orban, va ainsi être contraint à quitter son poste.
Tamas Sulyok avait jusqu'à présent résisté aux pressions répétées de Peter Magyar exigeant sa démission.
(Gergely Szakacs, version française Bertrand Boucey)

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