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Le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, marque un point de procédure en justice
information fournie par AFP 13/02/2026 à 10:03

Le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi au MetLife Stadium d'East Rutherford, dans le New Jersey, le 13 juillet 2025 ( GETTY / ALEX GRIMM )

Le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi au MetLife Stadium d'East Rutherford, dans le New Jersey, le 13 juillet 2025 ( GETTY / ALEX GRIMM )

Le président qatari du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, a marqué un point procédural dans la guérilla juridique l'opposant à l'un des acteurs du dossier dit des "barbouzeries" autour du club parisien, qui accuse l'émirat de l'avoir pris en "otage" pour lui extorquer une signature.

Dans ce dossier à tiroirs, l'attention de la justice et des enquêteurs se porte notamment sur un accord, signé par un Franco-Algérien présenté comme un lobbyiste international, Tayeb Benabderrahmane.

Ce dernier, par ailleurs mis en examen en France, s'engageait à ne pas divulguer des documents "confidentiels" potentiellement compromettants pour le patron du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, surnommé "NAK", sous peine de devoir lui verser 5 millions d'euros.

Avant de signer, M. Benabderrahmane avait fait six mois de prison au Qatar, à partir de janvier 2020, pour des soupçons d'espionnage au profit d'un Etat étranger. Il avait signé l'accord en juillet, puis avait quitté l'émirat en novembre.

Il a depuis expliqué avoir été "l'otage" du Qatar, avoir subi de mauvais traitements et avoir été contraint de signer pour être libéré, puis assigné à domicile. Au pénal, il a porté plainte avec son épouse et obtenu en 2023 l'ouverture d'une information judiciaire pour enlèvement, séquestration, tortures et menaces. Au civil, il a demandé l'annulation de l'accord.

C'est cette procédure que le tribunal de Paris a mise sur pause, sans se pencher sur le fond, dans une ordonnance rendue le 3 février et que l'AFP a pu consulter. Le juge civil y "sursoit à statuer (...) dans l'attente d'une décision définitive" concernant les procédures pénales en cours à Paris, comme le souhaitait "NAK".

- "Mise en scène" ? -

"Nous sommes heureux de voir que le tribunal judiciaire de Paris a tranché en faveur de M. Nasser Al-Khelaifi en rejetant les prétentions de M. Tayeb Benabderrahmane", qui refusait ce sursis, a réagi son avocat, Me Renaud Semerdjian.

"Le tribunal a consacré Nasser Al-Khelaïfi dans son statut de partie civile et tenu en échec les accusations mensongères et calomnieuses de Tayeb Benabderrahmane. Nous avons pleinement confiance dans notre système judiciaire et sommes convaincus que la vérité finira par triompher", a-t-il ajouté.

La justice pénale devra d'abord se prononcer dans trois affaires. La première est l'instruction ouverte pour enlèvement et séquestration, suite à la plainte de M. Benabderrahmane.

La seconde est l'instruction dite des "barbouzeries" autour du PSG. Le patron du club y est partie civile, M. Benabderrahmane y est mis en examen pour une série de délits dont trafic d'influence et corruption.

La troisième est liée à une plainte avec constitution de partie civile déposée par Nasser Al-Khelaïfi notamment pour tentative de chantage et d'escroquerie au jugement et dénonciation calomnieuse, visant M. Benabderrahmane.

Dans cette plainte, mentionnée dans l'ordonnance, M. Al-Khelaïfi soutient que ce dernier a "mis en scène (...) l'extorsion dont il affirme avoir été victime".

A l'appui de cette thèse, des pièces issues des procédures et qu'il a versées, montrant par exemple un achat de luxe, trois jours après la signature de l'accord, ou des échanges avec des avocats.

L'ordonnance souligne que les éléments des procédures pénales seront "susceptibles d'influer directement et significativement (...) sur l'issue du litige" civil.

- Décision "très préoccupante" -

Une lecture qui fait bondir la défense du Franco-Algérien. "Nasser Al-Khelaïfi peut impunément se payer des procédures pénales qu’il a lui même construites de toutes pièces et créer ainsi des contre-feux procéduraux !", dénoncent auprès de l'AFP ses avocats, Mes Luke Vidal et Romain Ruiz.

Le camp de M. Benabderrahmane avait fait reconnaître en avril par un organe de l'Onu, le groupe de travail sur la détention arbitraire, qu'il avait été détenu de façon "arbitraire" au Qatar. Mais, à la satisfaction de son adversaire, l'ordonnance souligne qu'il ne s'agit que d'un "avis (qui) ne lie pas les juridictions françaises".

"Cette décision est très préoccupante car elle valide un procédé qui occulte totalement" cet avis, déplorent les avocats. "Cette stratégie, que Nasser Al-Khelaifi et le Qatar qu’il représente en France déploient depuis plusieurs mois pour échapper à leur responsabilité dans le kidnapping, la séquestration et les multiples tentatives d'attenter à la vie de M. Benabderrahmane et de sa famille est aujourd’hui récompensée par la justice civile."

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