Le pape François a dénoncé dimanche les politiques populistes et ce qu'il a appelé "les scories de l'idéologie", déplorant que la démocratie subisse de nombreux assauts partout dans le monde.
S'exprimant à Trieste, dans le nord-est du pays, lors d'une convention catholique annuelle sur les affaires sociales, François, âgé de 87 ans, a souligné que de nombreuses personnes se sentaient exclues de la démocratie, les pauvres et les faibles étant laissés à eux-mêmes.
"Il est évident que la démocratie n'est pas en bonne santé dans le monde d'aujourd'hui", a-t-il déclaré, dénonçant la polarisation et l'esprit de parti, : "Je suis préoccupé par le peu de gens qui vont voter. Qu'est-ce que cela signifie ?"
"Les idéologies sont séduisantes. Certains les comparent au joueur de flûte de Hamelin. Elles vous séduisent, mais elles vous amènent à vous renier", a-t-il déclaré, faisant référence à un conte dans lequel un attrapeur de rats utilise ses pouvoirs magiques pour voler les enfants d'une ville.
Il a ajouté que la "crise de la démocratie" touchait plusieurs nations, sans donner d'exemples précis.
"Chaque fois qu'une personne est marginalisée, c'est l'ensemble du corps social qui souffre. La culture du rejet dessine une ville où il n'y a pas de place pour les pauvres, les enfants à naître, les personnes fragiles, les malades, les enfants, les femmes, les jeunes."
Le souverain pontife s'exprimait en ce jour de second tour des élections législatives en France, où le Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite, espère décrocher une majorité absolue.
"Ne nous laissons pas abuser par des solutions faciles. Au contraire, soyons passionnés par le bien commun", a déclaré le pape dimanche, soulignant les dommages causés par la "corruption et l'illégalité" politiques.
Plus tard, dans une homélie prononcée lors d'une messe en plein air, le pape a dénoncé la complaisance généralisée à l'égard de l'injustice sociale. "Pourquoi ne sommes-nous pas scandalisés par le mal qui sévit, par la vie humiliée, par les problèmes du travail, par les souffrances des migrants ? Pourquoi restons-nous apathiques et indifférents face aux injustices du monde ?
(Crispian Balmer; version française Nicolas Delame)

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