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Le dividende salarié : les grands groupes sont contre

information fournie par Boursorama avec LabSense 07/01/2023 à 07:30

L’Association française des entreprises privées (Afep) s’est déclarée sceptique quant à la mise en place d’un dividende salarié obligatoire. La mesure, défendue par le gouvernement, vise à contrer l’inflation sans impacter les charges fixes des entreprises.

Le dividende salarié, les grands groupes sont contre-iStock-olm26250

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Le scepticisme des grands groupes

L’Afep compte 114 grands groupes français, dont Air France KLM, Carrefour, Danone, Société Générale, Seb ou Vinci. Selon cette dernière, qui s’est exprimée le 14 décembre, par l’entremise de Jean-Luc Matt, le directeur général de l’organisation, les salariés se trouvent déjà être les « premiers bénéficiaires » de la valeur ajoutée des entreprises adhérentes de l’association. Bien qu’elle considère que « beaucoup est fait » en matière de partage de la valeur, l’Afep reste cependant ouverte aux discussions concernant l’éventuelle évolution des dispositifs existants. Proposition de campagne d’Emmanuel Macron, le dividende salarié devrait permettre d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés sans impacter les coûts fixes des entreprises. Le dispositif, défendu depuis plusieurs semaines par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, prône l'instauration d’une compensation obligatoire pour les salariés des entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires.

Un mécanisme de partage de la valeur

Pour le ministre de l'Économie, « le dividende salarié est [...] un mécanisme de partage de la valeur générée par une entreprise ». Selon le dispositif, les entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires devront donc attribuer « un équivalent dividende sous forme de prime, de participation ou d'intéressement obligatoire » à leurs employés. Cette mesure vise spécifiquement les entreprises qui réalisent des superprofits et enregistrent plus de 20 % de bénéfices par rapport à la moyenne des 5 dernières années.

L’opposition du patronat

D’après Jean-Luc Matt, les 114 grands groupes qui composent l’Afep auraient déjà mis en place un système de redistribution des bénéfices. Le directeur général de l’Afep a précisé à l’AFP mi-décembre que « 108 milliards d’euros ont été versés par ses adhérentes à leurs 2,1 millions de salariés : 100 milliards de rémunérations brutes, 6,3 milliards de participation et d'intéressement et 2,3 milliards pour les salariés actionnaires ». Le Medef partage le scepticisme de l’Afep face au dispositif gouvernemental. En novembre dernier, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a exprimé ses réticences à l’idée de « revoir les dispositifs existants ». Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin, estime quant à lui qu’avec ce dispositif, « on mélange le salarié qui a droit à la juste rémunération et la juste protection avec l’entrepreneur qui porte le risque et s’endette ».

Un dispositif insuffisant pour les syndicats

La proposition du gouvernement divise également les syndicats. Si la CFDT plaide pour « une généralisation de la participation à toutes les entreprises, avec un dispositif basé sur le versement aux salariés d'un pourcentage du bénéfice net », la CGT indique que le dividende salarié ne doit pas se faire au détriment d’une « augmentation des salaires calquée sur les chiffres de l'inflation ». Le dividende salarié a fait l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux le 8 novembre dernier. Les conclusions de ces débats seront connues le 30 janvier. Sans avancer de date précise, le gouvernement assure qu’un texte de loi verra le jour en début d’année.

11 commentaires

  • 08 janvier 12:15

    Le titre de l'article est surprenant (voire incompréhensible) puisque le mot " obligatoire" n'y est pas. Certes il figure dans l'article et on comprend mieux. Mais c'est quand même typique de la France. Il n'y aura bientôt plus que deux choses: ce qui est obligatoire et ce qui est interdit. Entre les deux il y a ce qu'on appelle "liberté". Clairement, c'est un mot en voie de disparition.


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