Des membres des forces de sécurité gardent une route après sa réouverture, auparavant bloquée par des manifestants exigeant la démission du président Rodrigo Paz, le 5 juin 2026 à Carreras, dans le département de La Paz, en Bolivie ( AFP / Marvin RECINOS )
La police et l'armée ont débloqué vendredi en Bolivie une route vitale pour l'approvisionnement en nourriture de La Paz et de sa voisine El Alto, villes asphyxiées par plus d'un mois de manifestations réclamant la démission du président Rodrigo Paz.
Au pouvoir depuis six mois, le dirigeant de centre droit s'apprête à décréter l'état d'exception afin de pouvoir recourir davantage à la force militaire pour lever les barrages routiers maintenus depuis des semaines par des paysans et des ouvriers dans plusieurs régions du pays andin.
Dans l'attente d'une autorisation du Parlement lui permettant de décréter cette mesure, la police, appuyée par l'armée, a dégagé des débris qui bloquaient un axe stratégique au sud de La Paz, a constaté l'AFP.
Des personnes empruntent une route après sa réouverture, auparavant bloquée par des manifestants exigeant la démission du président Rodrigo Paz, le 5 juin 2026 à Carreras, dans le département de La Paz, en Bolivie ( AFP / MARVIN RECINOS )
Avant sa réouverture, des centaines de personnes avaient dû parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre les communautés agricoles de Lipari et de Rio Abajo et s'approvisionner en légumes et autres produits alimentaires.
Rodrigo Paz s'est rendu sur place après l'opération menée sur le terrain par son ministre de la Défense, nommé cette semaine, Ernesto Justiniano. Devant la presse, il a réitéré son appel "au dialogue" plutôt qu'à "la confrontation".
Le président Rodrigo Paz s'adresse à la presse lors d'un déplacement à Carreras après la réouverture d'une route auparavant bloquée par des manifetants, le 5 juin 2026 dans le département de la Paz, en Bolivie ( AFP / Marvin RECINOS )
Les villes de La Paz et d'El Alto, ainsi que dans une moindre mesure celles de Cochabamba (centre), Oruro (ouest) et Potosi (sud-ouest), manquent de nourriture, de médicaments et de carburant en raison des barrages routiers - près d'une centaine - à travers tout le pays.
Le président a de nouveau accusé l'ancien chef de l'Etat de gauche Evo Morales (2006-2019) d'être à l'origine des manifestations et de financer celles-ci avec de "l'argent illicite" provenant du narcotrafic dans le Chapare, son bastion politique et fief des cultivateurs de coca dans le centre du pays.
Des personnes voyagent sur le toit d'un minivan chargé après la réouverture d'une route, auparavant bloquée par des manifestations réclamant la démission du président bolivien Rodrigo Paz à Carreras, dans le département de La Paz, en Bolivie, le 5 juin 2026 ( AFP / MARVIN RECINOS )
"Il utilise le peuple comme un marchepied pour se défendre de ses problèmes judiciaires", a déclaré Rodrigo Paz en référence au mandat d'arrêt visant Evo Morales dans une affaire présumée de traite de mineure, accusation que l'ancien président rejette.
Jeudi, les Etats-Unis ont renouvelé leur soutien au gouvernement de M. Paz.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré sur X que les Etats-Unis suivaient de près la situation. "La Bolivie ne doit pas permettre que l'ancien statu quo de domination narco-terroriste dans la région se réinstalle", a-t-il affirmé.
Des membres des forces de sécurité dégagent une route auparavant bloquée par des manifestants réclamant la démission du président bolivien Rodrigo Paz à Carreras, dans le département de La Paz, en Bolivie, le 5 juin 2026 ( AFP / Marvin RECINOS )
Evo Morales, critique virulent de Washington, a répliqué vendredi sur le même réseau social en estimant que les Etats-Unis "recourent une nouvelle fois au discours du +narco-terrorisme+ pour stigmatiser la contestation sociale et discréditer les revendications légitimes" des mouvements sociaux.
Paysans, ouvriers, mineurs, transporteurs et enseignants font pression sur le gouvernement depuis plus d'un mois afin d'obtenir une issue à la pire crise économique du pays depuis quarante ans. Ils réclament désormais sa démission.

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