Des gendarmes devant la ferme où travaillait Manon Relandeau, disparue avec son bébé depuis le 27 mars, le 21 avril 2026 à Saint-Etienne de Montluc, en Loire-Atlantique ( AFP / Fred TANNEAU )
Un mois après la disparition de Manon Relandeau, jeune mère de famille de la région nantaise qui pourrait avoir été tuée, son conjoint a été interpellé par la police en Algérie, en compagnie de leur fille de 15 mois.
Cet homme de 41 ans avait pris l'avion le 2 avril avec la petite Inaya, à destination de l'Algérie, selon le parquet qui a ouvert une enquête pour meurtre et enlèvement.
"Le conjoint de la disparue a été interpellé par les services de police algériens" lundi et "sa fille Inaya était avec lui", a annoncé le procureur de Nantes, Antoine Leroy, dans un court message adressé mardi à des journalistes. Il a précisé ne pas être mesure de fournir plus de détails sur cette interpellation.
Dans ce dossier, deux personnes ont par ailleurs été mises en examen les 22 et 23 avril pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime" et "modification des lieux d'un crime", toujours selon le magistrat. Ces deux personnes ont été placées en détention provisoire, a-t-il précisé.
Après avoir quitté le territoire français, le conjoint de la jeune femme a "contacté quelques personnes par téléphone", avait expliqué le parquet dans une précédente communication aux médias.
Cette disparition a suscité un fort écho médiatique et de nombreuses opérations des forces de l'ordre ont été menées sur le terrain pour retrouver la femme disparue, une agricultrice de 31 ans.
Des dizaines de gendarmes ont ainsi été mobilisés pour des recherches autour du domicile du couple à Saint-Etienne-de-Montluc, à une trentaine de minutes à l'ouest de Nantes, et près de la ferme tenue par Manon Relandeau.
Des plongeurs avaient été déployés et des recherches par drone et hélicoptère ont été effectuées dans les environs de Saint-Etienne-de-Montluc.
- Relation dégradée avec Alger -
Ce sont des proches qui avaient donné l'alerte le 3 avril, inquiets de ne pas avoir de nouvelles de la jeune femme et de son bébé depuis plusieurs jours.
La gendarmerie avait lancé la semaine dernière un appel à témoins.
Le procureur n'a pas indiqué si une demande d'extradition était à l'ordre du jour alors que les relations entre la France et l'Algérie sont dégradées depuis la reconnaissance par Paris à l'été 2024 d'un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le Sahara occidental.
La crise s'était aggravée avec l'arrestation en Algérie en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié depuis par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, et après la mise en examen, en avril 2025, d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement d'un influenceur algérien, Amir DZ.
La relation semble s'être détendue depuis la visite à Alger, en février, du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Lundi, Emmanuel Macron a lancé une pique aux partisans d'une ligne dure avec le pouvoir algérien, en ciblant "tous les mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie".

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer