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Le Congo et le Rwanda vont s'affronter pour la présidence de la Francophonie
information fournie par Reuters 15/05/2026 à 11:39

par Clement Bonnerot

La République démocratique du Congo et le ‌Rwanda se préparent à un affrontement diplomatique pour la présidence de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), les deux pays présentant des ​candidates rivales alors que les combats se poursuivent dans l'est du Congo.

La date limite pour le dépôt des candidatures au poste de secrétaire général de l'OIF, qui représente plus de 320 millions de francophones à travers le monde et regroupe 90 États ​et gouvernements, est fixée à vendredi.

Cette bataille diplomatique se déroule sur fond d'affrontements persistants entre la République démocratique du Congo et les rebelles de l'AFC/M23, soutenus par ​le Rwanda, qui ont pris le contrôle des villes de Goma ⁠et Bukavu, dans l'est du pays, au début de l'année 2025. Le Rwanda rejette les accusations portées par Kinshasa, ‌les pays occidentaux et les experts de l'Onu, selon lesquelles il soutiendrait les insurgés.

Les efforts de médiation menés par les États-Unis, le Qatar et l'Union africaine n'ont pas réussi à mettre fin aux ​combats.

Le poste au sein de l'OIF revêt ‌une importance diplomatique considérable, son mandat couvrant l'éducation, la politique culturelle, les droits de l'homme ⁠et la coopération économique.

La Rwandaise Louise Mushikiwabo, actuelle secrétaire générale, vise un troisième mandat. Elle est confrontée à la concurrence de la Congolaise Juliana Lumumba, ancienne ministre de la Culture et fille du leader de l'indépendance et premier Premier ministre du pays.

La ⁠Mauritanienne Coumba Bâ, conseillère présidentielle, ‌et l'ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș sont également candidats.

LE CONGO EST LE PLUS GRAND PAYS FRANCOPHONE ⁠AU MONDE

Kinshasa a apporté un soutien diplomatique de poids à la candidature de Juliana Lumumba, annoncée fin février. La candidate ‌s'est récemment rendue dans plusieurs pays africains ainsi qu'au Canada, deuxième contributeur financier de l'OIF.

Le porte-parole du gouvernement ⁠congolais, Patrick Muyaya, a déclaré à Reuters que Kinshasa menait cette candidature "dans un esprit ⁠positif et constructif", soulignant le poids ‌démographique, culturel et stratégique croissant de l'Afrique francophone.

Avec une population d'environ 100 millions d'habitants, le Congo est le plus grand pays ​francophone au monde.

"Il ne s'agit pas pour nous d'inscrire cette élection ‌dans une logique de rivalité entre États ou de tensions bilatérales", a déclaré Patrick Muyaya. "L'OIF est une organisation multilatérale qui dépasse les différends politiques conjoncturels."

Louise ​Mushikiwabo, ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda élue en 2018 avec le soutien de la France et réélue en 2022, a présenté sa candidature comme un pari sur la continuité.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a déclaré ⁠à Reuters que la candidature de Louise Mushikiwabo reposait sur son bilan en matière de renforcement et de modernisation de l'OIF.

"Des tensions qui peuvent exister entre pays ne doivent pas s'exporter dans une organisation qui ne s'occupe pas de cette question", a déclaré Olivier Nduhungirehe.

L'OIF compte 53 membres ayant le droit de vote, cinq membres associés et 32 observateurs. Elle élira son nouveau président lors d'un sommet qui se tiendra à Phnom Penh, au Cambodge, les 15 et 16 novembre.

(Reportage Clement Bonnerot; Version ​française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

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