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Le commandant en chef de l'armée Joseph Aoun élu président du Liban
information fournie par Reuters 09/01/2025 à 16:44

Le chef de l'armée et président élu libanaise Joseph Aoun

Le chef de l'armée et président élu libanaise Joseph Aoun

Le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun, a été élu jeudi par les députés libanais à la présidence du pays, poste vacant depuis octobre 2022 et le terme du mandat de Michel Aoun.

Favori du scrutin, l'officier a été élu au second tour avec 99 voix, a annoncé le président du Parlement, Nabih Berri. Les députés du Hezbollah et leurs alliés chiites du mouvement Amal lui ont apporté leurs votes après le retrait du candidat qu'ils soutenaient à l'origine, Soleimane Frangié. Au total, 86 voix étaient nécessaires à son élection.

Ce résultat reflète les changements d'équilibre au Moyen-Orient, marqué par un affaiblissement du Hezbollah après la campagne militaire israélienne et la chute de son allié Bachar al Assad en Syrie.

Signe du nouveau rapport de forces, Joseph Aoun a dit dès sa première prise de parole en tant que président vouloir faire en sorte que l'armée libanaise ait à l'avenir le "monopole du port des armes" dans le pays, une allusion explicite à un possible démantèlement de l'arsenal du Hezbollah.

Homme d'action resté jusqu'alors discret sur la scène politique, Joseph Aoun a réussi à tenir l'armée libanaise à l'écart du conflit entre Israël et le mouvement chiite soutenu par l'Iran.

Apprécié aux Etats-Unis, où il a été en partie formé, il bénéficiait dans la course à la présidence du soutien d'une grande partie de la communauté internationale, et notamment des principaux bailleurs de fonds de Beyrouth.

Une source proche de la famille royale saoudienne a ainsi rapporté que des émissaires français, américains et saoudiens avaient informé Nabih Berri, un allié du Hezbollah, que l'aide internationale destinée au Liban était conditionnée à l'élection du commandant en chef de l'armée.

PARIS ESPÈRE UN "GOUVERNEMENT FORT"

"Il y a un message clair de la communauté internationale pour dire qu'elle est prête à soutenir le Liban, mais qu'il y a besoin d'un président, d'un gouvernement", avait confirmé à Reuters avant le vote Michel Mouawad, un député maronite opposé au Hezbollah.

L'élection de Joseph Aoun a aussitôt été saluée par la France, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite.

"Cette élection (...) doit être pour (les Libanais) et pour tous les partenaires et amis du Liban, engagés à ses côtés depuis des années, un motif d'espoir", a estimé le ministère français des Affaires étrangères.

"La France appelle urgemment l'ensemble des responsables politiques libanais et les autorités libanaises à s'engager pour le redressement durable du pays", a ajouté dans un communiqué le Quai d'Orsay, appelant à la nomination dans les meilleurs délais d'un "gouvernement fort".

Le président français Emmanuel Macron a adressé sur la plateforme X ses félicitations à Joseph Aoun, estimant que son élection "ouvre la voie des réformes, de la restauration de la souveraineté et de la prospérité du Liban".

L'ambassadrice des Etats-Unis à Beyrouth, Lisa Johnson, s'est dite "très contente" de son succès, tandis que le roi d'Arabie saoudite et le prince héritier Mohamed ben Salmane ont transmis leurs félicitations, selon l'agence de presse officielle du royaume.

Le poste de président est réservé à un chrétien maronite en vertu du système de partage du pouvoir entre communautés religieuses, mais les maronites sont politiquement divisés entre partisans et adversaires du Hezbollah.

(Tom Perry et Tipour Azhari à Beyrouth, John Irish à Paris ; rédigé par Zhifan Liu et Tangi Salaün pour la version française, édité par Sophie Louet)

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