Aller au contenu principal
Fermer

Le comité Nobel norvégien condamne la fermeture annoncée de Novaïa Gazeta
information fournie par Reuters 30/10/2026 à 16:57

Le comité Nobel norvégien a condamné vendredi la fermeture annoncée de Novaïa Gazeta, journal indépendant russe cofondé et dirigé pendant de nombreuses années par Dmitri Mouratov, lauréat du Nobel de la paix en 2021.

Le comité a appelé les "autorités russes à mettre fin à la répression des médias indépendants, des journalistes et de la société civile".

Le journal d'investigation lancé en 1993 avec l'aide du dernier dirigeant soviétique et de l'artisan de la "perestroïka" Mikhaïl Gorbatchev n'existe plus en version imprimée depuis 2022 mais continuait à diffuser des articles en ligne et à disposer jusqu'à récemment de locaux dans le centre de Moscou.

Classé par les autorités russes comme "agent de l'étranger", il a fait savoir qu'il cesserait ses opérations le 9 novembre.

"On nous a tués", a-t-il écrit dans un communiqué. "Le journal n'existe plus. Les autorités et les services de sécurité russes ont forcé notre équipe éditoriale à cesser ses opérations."

"Depuis le début de l''opération militaire spéciale' en Ukraine et l'instauration de poursuites pénales pour 'discrédit envers l'armée russe', nous ne pouvons pas couvrir les événements les plus importants et tragiques de notre époque", a poursuivi le journal. "La censure s'applique dans pratiquement chaque domaine de la vie civile."

De nombreux rédacteurs de Novaïa Gazeta ont quitté la Russie en 2022. Certains anciens employés du journal d'investigation ont créé une version distincte basée en Lettonie baptisée Novaïa Gazeta Europe, que Moscou considère officiellement comme une "organisation indésirable".

En Russie, Novaïa Gazeta a relevé que son site internet avait été bloqué, que son autorisation de diffusion avait été révoquée, ses presses saisies, et que l'un de ses journalistes, Oleg Roldougine, accusé d'utilisation illégale de données, était assigné à résidence dans l'attente de son procès.

Les bureaux de Novaïa Gazeta à Moscou, desquels la rédaction a désormais été expulsée, ont fait l'objet de perquisitions, de même que le domicile de Sergueï Sokolov, son rédacteur en chef.

"Nous avons continué aussi longtemps que nous avons pu", a déclaré le journal dans son communiqué.

Les autorités russes n'ont fait aucun commentaire.

Par le passé, le Kremlin, qui accuse les services de renseignement étrangers de chercher à fomenter du mécontentement au sein de la société russe, a affirmé qu'une certaine forme de censure était nécessaire à un moment où la Russie est engagée dans ce qu'elle qualifie de lutte existentielle contre l'Occident au sujet de l'Ukraine.

Dmitri Mouratov, qui avait partagé le Nobel de la paix 2021 avec la journaliste philippine Maria Ressa, avait dédié sa récompense à six collègues du journal tués en raison de leur travail, dont la journaliste d'investigation Anna Politkovskaïa.

(Andrew Osborn avec Louise Rasmussen, Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

2 commentaires

  • 17:49

    aérosp: 5ème colonne? faut nous laisser vous avez raison :dehors !


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires