Avec un taux de 6,4 % en juin, le niveau de chômage de la zone euro n'aura jamais été aussi bas. Le marché du travail résiste donc bien, malgré l'inflation et les hausses de taux d'intérêt.
Le chômage historiquement bas-iStock-PeopleImages
Un taux de chômage historiquement bas en Europe
En juin, le chômage concernait 6,4 % de la population active de la zone euro, soit, depuis trois mois, un de ses plus bas niveaux historiques. Malgré un ralentissement de l'activité, le niveau de l'emploi privé a augmenté pour le dixième semestre consécutif, avec + 0,1 % entre mars et juin 2023, soit - 62 000 demandeurs d'emploi comptabilisés en juin. Les économistes ne peuvent que constater la tendance : malgré l'inflation (qui a impacté lourdement le budget des ménages) et la hausse des taux d'intérêt (qui ont atteint les secteurs de la construction et de l'industrie), le marché du travail de la zone euro tient bon. Depuis fin 2019, la tendance est nette : l'emploi a davantage augmenté que l'activité économique. Même si quelque 10,8 millions de personnes restent privées d'emploi dans les 27 pays de l'Union européenne, on en compte 1,3 million de moins par rapport à février 2020.
Des besoins en main-d’œuvre depuis le Covid
La hausse du chômage ne semble pas à l'ordre du jour, si l'on en juge par les prévisions de la tendance de l'emploi collectées chaque mois auprès des chefs d'entreprise par la Commission européenne. Selon Eurostat, organisme chargé de compiler ces données depuis 2020, le nombre d'emplois à pourvoir et les besoins en main-d’œuvre restent importants en Europe. La baisse du chômage a commencé en mai 2021, à la faveur de la reprise économique de l'après-Covid. Depuis, il n'a jamais cessé de reculer, malgré une économie en berne suite à la guerre en Ukraine et à la flambée de l'inflation. La crise sanitaire a entraîné la démission de nombreux salariés dans certains secteurs, tels que les services, pour une reconversion dans d'autres métiers. De nombreuses entreprises rencontrent de grandes difficultés pour renouveler leur personnel, et n'ont pas d'autre choix que de retenir leurs salariés, même si elles sont dans l'incertitude quant à leur activité à venir. Un autre phénomène complexifie encore l'embauche : la population en âge de travailler est en baisse. Depuis la crise sanitaire, le marché du travail est donc plus favorable aux salariés, contrairement aux décennies passées. Cela explique le fait que la conjoncture résiste, malgré un contexte potentiellement défavorable à l'emploi.
La France se classe 22e sur les 27 pays de l'UE
Le taux de chômage a continué à régresser dans plusieurs pays. C'est le cas de l'Italie, qui affiche 7,4 % (- 0,7 point en un an, et - 0,2 % entre mai et juin, soit 44 000 chômeurs de moins). En Espagne, le marché du travail a également repris des couleurs, avec un taux de chômage qui a chuté de 1 % en un an, pour descendre à 11,7 %. En Grèce, la baisse est de l'ordre de 1,2 point, soit 11,1 % sur la même période. Quant à la France, son taux de chômage corrigé des variations saisonnières est de 7,1 %. Malgré un niveau supérieur à la moyenne des pays européens, son taux de chômage est en baisse depuis un an (- 0,4 % et - 0,2 % pour les deux derniers semestres), ce qui ne l'empêche pas de se classer seulement en 22e position sur les 27 pays européens... très loin derrière l'Allemagne, qui se situe à la quatrième position, avec un taux de chômage stabilisé à 3 % depuis un an.
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