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Label de l'Unesco: bientôt le jour J pour les plages du Débarquement
information fournie par AFP 21/07/2026 à 14:05

Vue aérienne d'Utah Beach, l'une des plages utilisées lors du débarquement allié du Jour J pendant la Seconde Guerre mondiale, le 1er juin 2024 à Sainte-Marie-du-Mont, en Normandie ( AFP / LOU BENOIST )

Vue aérienne d'Utah Beach, l'une des plages utilisées lors du débarquement allié du Jour J pendant la Seconde Guerre mondiale, le 1er juin 2024 à Sainte-Marie-du-Mont, en Normandie ( AFP / LOU BENOIST )

La Normandie espère enfin décrocher dans les prochains jours l'inscription des plages du Débarquement au patrimoine mondial de l'Unesco, l'aboutissement d'un projet initié il y a près de 20 ans qui pourrait dynamiser le tourisme.

Le Mont-Saint-Michel, la cathédrale de Chartres ou encore le château de Versailles possèdent déjà le précieux label, parmi 54 sites français. Une reconnaissance de leur "valeur universelle", facteur de renommée internationale, qui engage les pouvoirs publics à oeuvrer pour leur préservation.

Sur un peu plus de 80 km de côtes, entre les départements de la Manche et du Calvados dans le nord-ouest de la France, les plages du Débarquement allié du 6 juin 1944 furent le théâtre d'une bataille décisive pour libérer l'Europe du nazisme et mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.

Partis des côtes anglaises, au sein de la plus grande armada de tous les temps, plus de 150.000 jeunes hommes issus d'une quinzaine de nations prirent part aux combats, des Américains, Britanniques et Canadiens notamment. Plus de 4.000 d'entre eux périrent en une seule journée.

Vue aérienne de Juno Beach, l'une des cinq plages du débarquement allié du Jour J durant la Seconde Guerre mondiale, le 7 avril 2024 à Bernières-sur-Mer, en Normandie ( AFP / Lou BENOIST )

Vue aérienne de Juno Beach, l'une des cinq plages du débarquement allié du Jour J durant la Seconde Guerre mondiale, le 7 avril 2024 à Bernières-sur-Mer, en Normandie ( AFP / Lou BENOIST )

L'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco serait "une immense reconnaissance envers ceux venus se faire trouer la peau pour en finir avec le nazisme", souligne auprès de l'AFP le président de la région Normandie, Hervé Morin, qui porte ce projet initié en 2008.

L'agence onusienne doit rendre sa décision entre le 24 et le 27 juillet lors d'une réunion en Corée du Sud.

Au-delà du symbole, la Normandie pourrait en tirer des bénéfices sonnants et trébuchants.

"Lieu de rassemblement mondial"

Les plages "portent la mémoire d'un combat pour la liberté et la paix" et sont devenues "un lieu de rassemblement mondial", met en avant le dossier de candidature.

Près de 1,8 million de visiteurs ont afflué l'an dernier sur les sites du Débarquement, dont plus d'un tiers d'étrangers, venus notamment du Royaume-Uni, des Etats-Unis ou d'Allemagne, selon le Comité régional du tourisme. Ces flux ont généré 700 millions d'euros de recettes en 2022, dernière année pour laquelle la statistique est disponible. A la clé, plus de 8.400 emplois directs et indirects.

Photo de l'armée américaine, prise le 6 juin 1944, montrant des troupes du 3e bataillon du 16e régiment d'infanterie;rassemblées sur une étroite bande de la plage d'Omaha avant de progresser vers l'intérieur des terres, près de Colleville-sur-Mer, le jour J, et à l'arrière-plant le USS LCI(L)-83 débarquant d'autres hommes ( US ARMY/NATIONAL ARCHIVES / Handout )

Photo de l'armée américaine, prise le 6 juin 1944, montrant des troupes du 3e bataillon du 16e régiment d'infanterie;rassemblées sur une étroite bande de la plage d'Omaha avant de progresser vers l'intérieur des terres, près de Colleville-sur-Mer, le jour J, et à l'arrière-plant le USS LCI(L)-83 débarquant d'autres hommes ( US ARMY/NATIONAL ARCHIVES / Handout )

"Le tourisme mémoriel continue de croître en Normandie", explique Hervé Morin qui table sur une hausse de 15% du tourisme en cas d'obtention du label Unesco.

La candidature concerne les cinq plages du Débarquement connues sous leur nom de code Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, mais aussi la Pointe du Hoc, lieu de combats décisifs, la batterie d'artillerie allemande de Longues-sur-Mer, et le port artificiel d'Arromanches-les-Bains, dit Port Mulberry, composé d'énormes caissons en béton fabriqués en Angleterre pour faciliter la logistique alliée. De nombreux cimetières militaires et monuments commémoratifs sont associés.

Des vestiges menacés

Il faut "conserver ce patrimoine historique, il est très important pour la génération qui vient de savoir que beaucoup d'hommes ont perdu leur vie pour sauver notre liberté", explique Jean-Christophe Puig, un retraité de 70 ans accompagné de son petit-fils, interrogé par l'AFP devant le musée du Débarquement à Arromanches.

Une batterie d'artillerie de la Wehrmacht, l'armée allemande de la Seconde Guerre mondiale, à Longues-sur-Mer, le 26 février 2014 en Normandie ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

Une batterie d'artillerie de la Wehrmacht, l'armée allemande de la Seconde Guerre mondiale, à Longues-sur-Mer, le 26 février 2014 en Normandie ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

Sur le littoral, certains vestiges sont menacés de disparition par la montée des eaux liée au changement climatique, dont des fortifications allemandes du mur de l'Atlantique, des épaves et des constructions alliées.

A Longues-sur-Mer, l'accès au poste d'observation de la batterie de canons allemands, classée Monument historique, est interdit au public depuis l'an dernier. Situé au bord d'une falaise menacée par l'érosion, il est jugé trop dangereux.

"L'Unesco n'a pas de porte-monnaie, ces vestiges, personne n'a les moyens de les conserver", souligne Frédéric Sommier, directeur du musée d'Arromanches, dont le bureau donne sur les restes à demi immergés de Port Mulberry. A l'avenir, la mission de mémoire se fera "par la modélisation virtuelle, ou physique en maquette, c'est le sens de l'histoire", explique-t-il.

Perpétuer la mémoire du Débarquement reste "indispensable", même si le message de paix des sites historiques est plus difficile à faire passer "avec le retour de la guerre en Europe" dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, souligne M. Sommier.

Selon lui, il faut aussi "se méfier du surtourisme", possible revers de la médaille d'une éventuelle reconnaissance par l'Unesco.

1 commentaire

  • 15:27

    Drôle d'idée...


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