Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al Chaibani, a déclaré jeudi lors d'une visite à Beyrouth que la Syrie était disposée à rencontrer le Hezbollah "si les intérêts l'exigent", a rapporté l'agence de presse officielle libanaise.
Présent dans la capitale libanaise pour rencontrer le président Joseph Aoun et le président du Parlement Nabih Berri, Assaad al Chaibani a déclaré que la "question du Hezbollah" n'avait pas officiellement été abordée lors des discussions, mais que Damas était enclin à rencontrer le groupe.
Il s'agissait de la première visite du ministre syrien des Affaires étrangères au Liban depuis que le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité que les forces syriennes combattent le Hezbollah au Liban.
Les anciens rebelles et commandants aujourd’hui au pouvoir en Syrie ont combattu le Hezbollah, aligné sur l'Iran, pendant des années, alors que le groupe chiite était déployé en Syrie pour soutenir l’ancien président syrien Bachar al-Assad.
Le président syrien Ahmed al Charaa a démenti les rumeurs concernant une quelconque présence syrienne au Liban. Depuis son ascension au pouvoir, l'ancien rebelle doit ajuster ses alliances et les actions militaires syriennes pour maintenir une stabilité relative en Syrie.
Dans un communiqué, Joseph Aoun a déclaré que la Syrie et le Liban, pays voisins, souhaitaient mutuellement assurer leur stabilité respective, et qu'Ahmed al Charaa lui avait assuré que la Damas ne prendrait pas parti dans les affaires internes de Beyrouth.
Le gouvernement syrien, qui s’est imposé comme un allié des États-Unis, et s’est largement tenu à l’écart de la guerre au Moyen-Orient opposant les États-Unis, Israël et l’Iran.
Si les efforts menés sous l’égide des États-Unis pour mettre fin aux combats entre Israël et le Hezbollah, autre front du conflit, ont permis de réduire les hostilités, ils n’ont pas réussi à instaurer de paix durable.
Donald Trump a déclaré le mois dernier avoir discuté avec son homologue syrien de la lutte contre le Hezbollah, après avoir critiqué Israël pour avoir tué trop de civils au Liban.
"J’ai suggéré à Israël de laisser la Syrie s’occuper du Hezbollah, car pour être honnête avec vous, je pense qu’ils s’en sortent mieux", avait déclaré le président américain.
Reuters a rapporté en mars que les États-Unis avaient encouragé la Syrie à envisager d’envoyer des forces dans l’est du Liban pour aider à désarmer le Hezbollah, mais que Damas s'était montrée réticente par crainte d’être entraînée dans la guerre plus large et d’attiser les tensions sectaires au sein de la mosaïque de confessions présentes dans ces pays.
L’envoyé spécial de Donald Trump en Syrie, Tom Barrack, a qualifié de "fausse et inexacte" ces informations.
La Syrie a longtemps dominé le Liban sous le régime de la famille Assad, y envoyant des troupes en 1976 pendant la guerre civile de 1975-1990 et contrôlant la vie politique libanaise de l’après-guerre jusqu’à son retrait en 2005.
(Reportage Jana Choukeir et Feras Dalatey ; rédigé par John Davison ; version française Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)

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