Vladimir Poutine a déclaré dimanche que la Russie irait de l'avant avec son objectif de s'emparer de quatre régions ukrainiennes, rejetant ce qu'il a qualifié de nouvelle proposition de Kyiv visant à limiter les hostilités.
S'exprimant lors d'un entretien accordé à la télévision d'État russe, le président russe a également déclaré que la Russie devait renforcer ses capacités de défense aérienne pour contrer l'intensification des attaques de drones ukrainiens visant principalement son industrie pétrolière.
L'Ukraine a multiplié les attaques contre les infrastructures pétrolières en Russie, où cette campagne de bombardements provoque des pénuries dans certains endroits avec des files d'attente et des rationnements de carburant aux stations-service.
Le président ukrainien Volodimir Zelensky a ainsi dit dimanche que l'Ukraine avait bombardé deux raffineries dans les régions de Krasnodar et Iaroslavl en Russie, au cours de la nuit de samedi à dimanche.
De leur côté, des responsables régionaux ukrainiens ont dit dimanche que des attaques russes ont fait au moins cinq morts dans le sud-est et le nord-est de l'Ukraine.
Dans son interview télévisée, Vladimir Poutine a assuré que la Russie parvenait à faire face aux problèmes d'approvisionnement en carburant liés aux frappes ukrainiennes.
Il a ajouté que l'Ukraine avait proposé un cessez-le-feu mutuel relatif aux frappes de longue portée, présentant ceci comme un pas vers la paix pour sortir d'une guerre qui dure depuis plus de quatre ans.
Mais, selon le président russe, cette proposition de Kyiv est surtout un moyen d'alléger la pression sur les forces ukrainiennes le long de la ligne de front de 1.250 km qui sépare les deux belligérants, Vladimir Poutine ajoutant qu'il ne se laisserait pas détourner de son objectif.
"On comprend bien pourquoi cette proposition est faite, car nos contre-frappes en profondeur sur le territoire ukrainien sont bien plus puissantes, ont un impact plus important et sont, franchement, plus destructrices", a-t-il dit.
"Compte tenu de leur pénurie catastrophique d'effectifs, les forces armées ukrainiennes semblent croire que cela pourrait être leur salut. Mais sauver le régime de Kyiv ne fait pas partie de nos plans", a ajouté Vladimir Poutine.
Le bureau de Volodimir Zelensky n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire à ces propos.
Au début du mois, le président ukrainien avait dans une lettre ouverte proposé une rencontre avec Vladimir Poutine, ce que ce dernier a rejeté.
Il a cependant dit s'attendre à une reprise des efforts diplomatiques menés par les États-Unis pour mettre fin à la guerre, ainsi qu'à une nouvelle visite à Moscou des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, une fois que la "phase critique" du conflit américano-israélien avec l'Iran serait résolue.
Vladimir Poutine a également laissé entendre que le président biélorusse Alexandre Loukachenko, avec lequel il s'est entretenu pendant deux jours cette semaine, pourrait contribuer aux négociations de paix.
Il n'a fait aucune allusion aux affirmations de l'Ukraine selon lesquelles la Russie tenterait d'impliquer davantage la Biélorussie dans le conflit.
Cette dernière, alliée de Moscou, a autorisé l'utilisation de son territoire pour lancer l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, mais Alexandre Loukachenko s'est engagé à ne pas envoyer de forces au combat.
(Reportage Reuters, version française Benoit Van Overstraeten)

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