La Russie a convoqué mardi l'ambassadeur du Japon à Moscou au sujet de ce qu'elle a qualifié de propos anti-russes tenus par la Première ministre japonaise Sanae Takaichi après un différend concernant un archipel d'îles au nord du Japon.
Moscou et Tokyo se querellent ouvertement depuis la semaine dernière au sujet de ces îles contestées par les deux pays, après que le président russe Vladimir Poutine s'y est rendu pour une visite officielle.
Ces quatre îles, que la Russie contrôle et administre, sont revendiquées par Tokyo depuis leur occupation par l'Union soviétique après la capitulation du Japon à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. La Russie les appelle les Kouriles du sud tandis que le Japon les désigne sous le nom de "Territoires du nord".
Après la visite de Vladimir Poutine sur l'archipel, Sanae Takaichi a déclaré qu'un tel acte "heurtait les sentiments du peuple japonais et était absolument inacceptable".
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, a alors transmis mardi une protestation de Moscou à l'ambassadeur japonais Akira Muto lors de convocation, lui indiquant l'opposition du Kremlin aux déclarations "anti-russes" de la Première ministre japonaise.
"La partie russe a affirmé que la souveraineté et la juridiction de la Russie sur les îles Kouriles du sud sont incontestables", a déclaré le ministère dans un communiqué publié à l'issue de la réunion.
Il a précisé que les îles appartenaient légalement à la Russie. "Toute tentative de la part du Japon de remettre en cause, directement ou indirectement, cette réalité évidente est absolument inacceptable et illégale", ajoute le communiqué.
Ce différend territorial, qui perdure depuis huit décennies, a empêché la Russie et le Japon de conclure un traité de paix officiel qui permettrait de resserrer leurs liens économiques.
Les relations se sont fortement détériorées entre Moscou et Tokyo depuis que la Russie a envahi l'Ukraine en 2022 et que le Japon s'est joint à d'autres nations pour condamner cette guerre.
Akira Muto a été notifié que Moscou se réservait le droit de prendre des "contre-mesures appropriées" compte tenu de la participation du Japon aux sanctions visant la Russie et de son soutien à Kyiv, selon le communiqué russe qui n'apporte pas davantage de précisions.
L'ambassadeur japonais a quitté le ministère des Affaires étrangères sans faire de commentaires aux journalistes.
(Rédigé par Mark Trevelyan ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

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