(Ajoute précisions; photo/TV à disposition)
La Norvège a donné son accord pour rejoindre la "dissuasion nucléaire avancée" au côté de la France, a annoncé mercredi le président français Emmanuel Macron lors d'une visite à Paris du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Stoere, à l'occasion de laquelle les deux pays ont renforcé leur coopération de défense.
"Vous avez donné votre accord pour que la Norvège rejoigne ce que nous avons appelé la dissuasion nucléaire avancée. C'est une étape très importante de notre partenariat et ce sera le moteur d'une coopération très ambitieuse", a dit Emmanuel Macron au cours d'une conférence de presse conjointe avec Jonas Gahr Stoere.
"Cet accord prévoit désormais un principe d'assistance mutuelle entre nos deux pays, institue des dialogues réguliers à tous les niveaux entre nos armées, prévoit un renforcement de la coopération dans plusieurs grands domaines clé - défense anti-aérienne, Arctique, Grand Nord, spatial", a ajouté le président français, qui a souligné aussi le rôle crucial des deux pays dans le soutien à l'Ukraine dans sa guerre face à la Russie.
De longue date, seuls deux pays européens disposant de l'arme nucléaire - France et Grande-Bretagne -, la principale force de dissuasion de la plupart des pays du continent relève des Etats-Unis, un symbole de la solidarité transatlantique en place depuis des décennies.
Mais le virage radical opéré par Donald Trump, revenu au pouvoir en janvier 2025, a ébranlé les gouvernements européens, alors que le président américain s'est rapproché de la Russie, en dépit de son invasion de l'Ukraine, et a adopté une attitude plus agressive envers les alliés traditionnels de Washington, menaçant par exemple de s'emparer du Groenland par la force.
La rhétorique de plus en plus agressive de la Russie, en cette cinquième année de guerre aux portes de l'Europe et en l'absence d'avancées dans les négociations de paix chapeautées par les Etats-Unis, a alimenté les inquiétudes européennes.
Soulignant que l'Europe faisait face à des "menaces renouvelées", Emmanuel Macron a déclaré mercredi au côté de Jonas Gahr Stoere qu'il était "de notre devoir d'accélérer cette coopération", évoquant un "moment de réveil stratégique indispensable à l'Europe".
"La Norvège est aujourd'hui un partenaire précieux et incontournable pour la sécurité collective des Européens et des Français", a-t-il dit également, notant le "rôle clé de la Norvège au sein de la coalition des volontaires" pour l'Ukraine.
En mars dernier, au cours d'un discours sur la base de l'Île Longue, près de Brest (Finistère), où sont stationnés les sous-marins nucléaires français lanceurs d'engins, Emmanuel Macron avait annoncé l'augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises et évoqué ce concept de dissuasion "avancée", citant le "durcissement" du contexte géopolitique international.
Il avait également précisé alors que l'Allemagne serait un partenaire clé de cet effort, le chancelier allemand Friedrich Merz ayant confirmé des discussions sur la question. Paris et Berlin veulent "renforcer leur coopération en matière de dissuasion en réponse à l'évolution des menaces", ont dit les deux dirigeants dans un communiqué conjoint.
Plusieurs autres pays - Pologne, Pays-Bas, Belgique, Suède - ont également exprimé leur intérêt pour le projet, discuté notamment lors d'un sommet européen à Bruxelles plus tôt cette année.
(Rédigé par Jean Terzian)

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