Aller au contenu principal
Fermer

La guerre en Ukraine met à l'épreuve le système financier mondial, selon le FMI
information fournie par Reuters 19/04/2022 à 17:06

LA GUERRE EN UKRAINE MET À L'ÉPREUVE LE SYSTÈME FINANCIER MONDIAL, SELON LE FMI

LA GUERRE EN UKRAINE MET À L'ÉPREUVE LE SYSTÈME FINANCIER MONDIAL, SELON LE FMI

par Pete Schroeder et Michelle Price

WASHINGTON (Reuters) - L'invasion de l'Ukraine par la Russie accroît les risques auxquels est exposée la stabilité financière mondiale et met à l'épreuve la capacité de résistance du système financier au moment où les taux d'intérêt remontent, a averti le Fonds monétaire international (FMI) mardi.

Si la guerre en Ukraine n'a pour l'instant provoqué aucun choc financier systémique à l'échelle mondiale, les turbulences qu'il a déclenchées risquent de s'amplifier par le biais de différents canaux, estime le FMI dans son dernier Rapport sur la stabilité financière mondiale, un exercice semestriel.

Parmi les canaux de propagation possible, précise l'organisation, figurent les exposition directes et indirectes à la Russie des banques et des institutions non bancaires, les perturbations sur les marchés de matières premières, l'augmentation du risque de contrepartie, le manque de liquidité et les difficultés de financement sur certains marchés ou encore les cyberattaques et le recours accru aux cryptoactifs.

"Si le système financier s'est révélé résilient aux chocs récents, les chocs à venir pourraient être plus douloureux", estime le FMI.

"Une réévaluation soudaine du risque liée à une intensification de la guerre et à l'escalade des sanctions qui en découlerait pourrait révéler certaines des faiblesses accumulées pendant la pandémie et interagir avec elles pour conduire à une forte baisse des prix des actifs", détaille-t-il.

L'exposition des banques mondiales à la Russie et à l'Ukraine est relativement faible et elle est cantonnée à un petit groupe d'établissements européens mais l'exposition indirecte du secteur financier est plus difficile à évaluer.

L'exposition indirecte liée à des activités telles que la banque d'investissement, la gestion de fortune, les financements hors bilan, le financement des marchés de matières premières ou les produits dérivés financiers pourrait donc "surprendre les investisseurs une fois révélée, ce qui conduirait à une forte hausse du risque de contrepartie", estime le rapport.

Pour Tobias Adrian, directeur du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI, les produits dérivés sont l'une des principales sources d'inquiétude.

"Ils sont très opaques et il est difficile de mesurer l'ampleur de l'effet de levier dissimulé", a-t-il dit. Le rapport évoque entre autres le cas des swaps de devises et des contrats à terme "forward", qui pourraient exposer les banques à des pertes en cas d'annulation de transactions non couvertes.

"L'autre sujet de préoccupation, ce sont les marchés privés, la dette privée, les fonds propres privés. Il peut exister des expositions que nous ne voyons pas", a ajouté Tobias Adrian.

Le rapport évoque également le risque de voir les quelques banques spécialisées dans le financement des marchés de matières premières provoquer des perturbations, un risque amplifié par le fait qu'une demi-douzaine de grandes sociétés de négoce et autant de banques dominent ce marché, ce qui crée un risque de concentration.

"Nous sommes quelque peu préoccupés par les marchés de matières premières", a dit Tobias Adrian.

(Reportage Pete Schroeder et Michelle Price, version française Marc Angrand)

3 commentaires

  • 19 avril 18:38

    on se couvre sur les monnaies et les matieres premieres ... et on revend ces couvertures entre banque ... si ton swap est au final dans les mains d une banque russe ... en fait ton assurance de vendre ou d acheter à un prix donné c est du vent .... mais bon visiblement on a du mal à suivre tous ces contrats ... too big to fail or not ...


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • La candidate à la présidentielle Laura Fernandez (au centre) lors d'un débat avec ses rivaux à San José, Costa Rica, le 11 janvier 2026 ( AFP / Ezequiel BECERRA )
    information fournie par AFP 31.01.2026 11:32 

    Une grande favorite, politologue de droite adepte de la manière forte contre les groupes criminels, affrontera dimanche lors du premier tour de la présidentielle au Costa Rica deux outsiders au coude-à-coude, un économiste réputé et une ex‑Première dame, ainsi ... Lire la suite

  • La rivière Céleste, dans le parc national du volcan Tenorio, entre les provinces de Guanacaste et d'Alajuela, au Costa Rica, le 24 mai 2023 ( AFP / Ezequiel BECERRA )
    information fournie par AFP 31.01.2026 11:31 

    Haut lieu de l'écotourisme, le Costa Rica a longtemps été réputé pour sa tradition démocratique et sa stabilité politique mais voit sa tranquillité aujourd'hui troublée par l'irruption du trafic de drogue. Voici cinq choses à savoir sur ce pays d'Amérique centrale ... Lire la suite

  • Des membres des forces de sécurité pakistanaises sur les lieux d'une des attaques imputées à des séparatistes, le 31 janvier 2026 à Quetta, dans la province pakistanaise du Baloutchistan  ( AFP / Adnan AHMED )
    information fournie par AFP 31.01.2026 10:54 

    Au moins dix membres des forces de sécurité et 37 rebelles ont été tués samedi lors d'attaques "coordonnées" menées par des séparatistes dans la province pakistanaise du Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays, a annoncé un responsable. Le Premier ministre pakistanais ... Lire la suite

  • Les hermines Milo (d) et Tina, mascottes des Jeux olympiques de Milan-Cortina, à Cortina d’Ampezzo avant le dernier relais de la flamme olympique dans la ville, le 26 janvier 2026 ( AFP / Odd ANDERSEN )
    information fournie par AFP 31.01.2026 10:32 

    Peluches, mugs, T-shirts... A Milan, les hermines Tina et Milo, mascottes des Jeux olympiques d'hiver qui débuteront le 6 février, sont déjà partout. Alors que dans les Alpes, leurs inspirateurs bien réels, eux, jouent leur survie. Avec son pelage blanc en hiver, ... Lire la suite

Pages les plus populaires