La croissance économique est en berne, mais cela n’empêche pas l’emploi salarié privé de continuer à progresser. Avec plus de 90 000 emplois créés au premier trimestre, il excède même son niveau de 2019.
L’emploi salarié privé a le vent en poupe
Les chiffres définitifs publiés par l’Insee pour le premier trimestre continuent à montrer un bel optimisme quant à la santé du marché de l’emploi. Avec une augmentation de 0,3 % (soit 92 400 postes créés entre fin décembre 2022 et fin mars 2023), ils sont en hausse depuis le neuvième trimestre consécutif. Cette augmentation, qui affichait déjà + 0,2 % au dernier trimestre 2022, repose principalement sur l’emploi salarié privé. Avec + 0,4 %, soit 86 800 emplois supplémentaires, celui-ci dépasse de 6,1 % son niveau d’avant la crise sanitaire (soit une création de 1,2 million d’emplois). La réalité a donc démenti les prévisions plutôt pessimistes des conjoncturistes, dont les résultats provisoires annoncés en mai étaient deux fois moins élevés. La croissance ralentie et l’inflation galopante, qui n’étaient pourtant pas de bon augure, n’ont pas empêché les entreprises d’embaucher, à tel point que l’emploi salarié a dépassé pour la première fois la barre des 27 millions, avec 21,1 millions dans le privé, soit 2 millions de plus qu’au premier trimestre 2017.
Les hausses portées principalement par l’industrie
Les recrutements sont surtout observés dans le secteur industriel, hors intérim. Le travail intérimaire perd en effet 18 100 emplois ce trimestre (soit 2,2 %), baisse notable qui annule la hausse des deux trimestres précédents. Mais son niveau reste cependant supérieur de 2,3 % à celui qu’il affichait avant le Covid. La construction affiche une légère baisse (- 0,1 %), la première dans le secteur depuis fin 2016. Il dépasse néanmoins de 0,4 % ses résultats de début 2022, et de 7,8 % ceux de fin 2019. Par contre, les effectifs ont augmenté dans le secteur tertiaire marchand, avec + 1,7 % pour les arts, spectacles et activités récréatives, + 0,9 % dans les activités juridiques et l’architecture, + 0,7 % dans l’information et la communication, + 0,6 % dans les transports et l’entreposage, ainsi que dans l’hébergement et la restauration. Hormis le secteur de la construction légèrement déficitaire, l’industrie poursuit son ascension depuis fin 2016, affichant 3,24 millions de postes à ce jour. Quant à la fonction publique, le niveau d’embauche est resté stable (+ 0,1 %).
Des emplois plus nombreux et moins précaires
Un autre élément positif est relevé par Olivier Dussopt, ministre du Travail : l’aspect qualitatif des embauches serait à la hauteur de l’aspect quantitatif, avec un emploi moins précaire depuis quelques années. Depuis fin 2022, et pour la première fois au cours des trente dernières années, plus de la moitié des emplois sont en effet des CDI. Dans le cadre du projet de loi en vue du plein-emploi, qui prévoit de remplacer Pôle emploi par “France travail”, la réorganisation du service public dédié à l’emploi et à l’insertion est censée améliorer l’aide aux demandeurs d’emploi (bénéficiaires du RSA notamment et aux entreprises en difficulté pour trouver de la main-d’oeuvre. Il s’agit, selon le ministère, de la dernière réforme d’ici à 2027 pour parvenir au plein-emploi. Celui-ci se définit par un taux de chômage de 5 % de la population active (il est actuellement de 7,1 %), ce qui supposerait de créer au moins 700 000 postes. Ceci dit, la tendance est à surveiller, car une étude réalisée auprès des entreprises laisse entrevoir, depuis le début du deuxième trimestre 2023, un fléchissement des intentions d’embauche. Affaire à suivre…
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