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La Fondation Rockefeller propose un plan pour relancer la croissance des pays en développement endettés
information fournie par Reuters 07/10/2026 à 12:30

* Les pays en développement consacrent en moyenne 10% de leurs recettes au paiement des intérêts

* La Fondation Rockefeller entend aller de l'avant dans le cadre du G20 l'année prochaine

* La dette des pays en développement arrive à échéance alors même que les taux d'intérêt s'envolent

par Andrea Shalal

La Fondation Rockefeller et ses partenaires ont dévoilé mercredi une initiative visant à aider les pays en développement fortement endettés à accéder à de nouveaux financements afin de stimuler leur croissance économique.

Trois experts de premier plan en matière de développement ont déclaré que cette nouvelle initiative, baptisée Relance de la croissance et de l'investissement ("Growth and Investment Reset"), vise à éviter une crise de la dette pour un plus grand nombre de pays aux revenus faibles et intermédiaires.

Et ceci en coordonnant les efforts du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale, des créanciers officiels bilatéraux et des prêteurs privés.

L'objectif de l'initiative est d'injecter des financements abordables dans les pays accablés par un niveau d'endettement élevé et à les empêcher d'utiliser des prêts multilatéraux à faible taux d'intérêt pour rembourser leurs dettes envers des créanciers bilatéraux comme la Chine, ont dit les auteurs dans un document publié mercredi.

Leur objectif est de conclure les accords politiques nécessaires et d'aller de l'avant dans le cadre du G20, dont la présidence sera assurée par le Royaume-Uni l'année prochaine, après celle des États-Unis cette année.

"Les pays en développement sont confrontés à des charges d'intérêts sans précédent qui évincent les investissements essentiels. Sans action urgente, la situation va s'aggraver", ont ajouté les auteurs.

"Une vague d'emprunts extérieurs à faible coût contractés pendant la pandémie de Covid arrive à échéance, alors même que les coûts d'emprunt ont explosé", ont-ils ajouté.

Cette proposition intervient en amont des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, qui se tiendront la semaine prochaine à Bangkok et au cours desquelles seront abordés les innombrables défis auxquels sont confrontés les pays en développement.

FLAMBÉE DES COÛTS D'EMPRUNT

Parmi ces défis figurent l'intensification du phénomène El Niño, les coûts énergétiques élevés, une forte baisse de l'aide publique au développement et une flambée des coûts d’emprunt.

Christina Segal-Knowles, haute responsable de l'administration américaine Biden et l'une des auteures de l’étude, a souligné que les paiements d'intérêts dépassaient désormais en moyenne 10% des recettes dans les pays en développement. Ils ont même dépassé les dépenses d'investissement public dans dix pays.

Une quarantaine de pays présentant des niveaux d'endettement viables seraient éligibles à cette initiative, a poursuivi Christina Segal-Knowles, même si une restructuration de la dette resterait nécessaire pour certains d'entre eux.

Les autres auteurs sont Mary Svenstrup, également haute responsable de l’administration Biden, et Masood Ahmed, ancien haut responsable du FMI et de la Banque mondiale, ainsi qu'ex-directeur du Center for Global Development, un groupe de réflexion basé à Washington.

Leur proposition préconise que le FMI mette en place un programme dédié visant à injecter des montants importants de financements à long terme dans les pays sélectionnés, en coordination avec les prêts et les garanties de la Banque mondiale. Ce programme viendrait s'ajouter aux prêts habituels.

Le plan prévoit également que les créanciers publics bilatéraux, tels que la Chine, acceptent de refinancer la dette des pays participant au programme.

Cela permettrait de tirer parti de garanties renforcées de la Banque mondiale et d’autres banques multilatérales de développement, aidant ainsi les pays à refinancer les prêts contractés auprès de créanciers privés lorsque la dette est insoutenable.

La Banque mondiale, la Banque interaméricaine de développement et la Banque africaine de développement ont fourni des garanties pour échanger la dette existante à coût élevé ou réduire le coût de la nouvelle dette.

(Rédigé par Andrea Shalal ; version française Coralie Lamarque, édité par Benoit Van Overstraeten)

1 commentaire

  • 13:17

    Ils ont peur qu'ils se tournent vers la Chine et de perdre leur contrôle par la dette.


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