par Olivia Le Poidevin
La guerre au Moyen-Orient pousse vers la famine des millions de personnes en faisant grimper le prix des denrées alimentaires alors que les agences humanitaires manquent de financements et doivent réduire leurs programmes d'assistance, a alerté vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM).
En mars dernier, l'agence des Nations unies prévenait que 45 millions de personnes pourraient basculer dans une insécurité alimentaire aiguë si le prix du pétrole se maintenait autour de 100 dollars le baril jusqu'en juin. Ce scénario est en train de se réaliser, a constaté le PAM vendredi.
La situation est particulièrement grave en Afghanistan, en Somalie et au Sri Lanka. En Somalie, 6,5 millions d'habitants - soit environ un tiers de la population - seront exposés à une grave famine en 2026, estime l'agence.
En Afghanistan, ce nombre pourrait atteindre 17,4 millions. Les deux pays dépendent fortement des importations d'énergie et de produits alimentaires.
La crise au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février dernier, survient dans le contexte d'une pénurie de financement pour les organisations humanitaires.
Le PAM a dit vendredi qu'il serait contraint de réduire de 1,5 million le nombre de personnes concernées par son aide dans le monde cette année.
En Somalie, les stocks d'aliments nutritifs pour les enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition modérée seront épuisés dès juillet.
La situation dans ce pays est aggravée par des problèmes d'approvisionnement, les navires évitant de faire escale en Somalie en raison des perturbations du trafic maritime dans l'océan Indien.
Des stocks du PAM sont également bloqués au port de Salalah, dans le sultanat d'Oman. La flambée des prix du kérosène augmente les coûts du Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS), seul moyen d'accéder en toute sécurité aux zones difficiles d'accès, a encore souligné le PAM.
En Afghanistan, l'envolée des prix du carburant a multiplié par cinq les coûts de transport de l'aide humanitaire et les délais d'acheminement sont passés de 10 à 75 jours, les camions devant emprunter des itinéraires de substitution.
(Olivia Le Poidevin; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Benoit Van Overstraeten)

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