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La cantine à un euro

information fournie par Boursorama avec LabSense 15/05/2019 à 09:30

En France, les prix des repas à l'école primaire sont fixés par les communes elles-mêmes. Et certaines communes ne proposant pas de tarification sociale, certaines familles modestes ne peuvent pas se permettre de mettre leurs enfants à la cantine. C'est pour remédier à ce problème que le gouvernement a mis en place depuis fin avril ce dispositif de cantine à un euro. Près de 10 000 communes devraient en bénéficier. Un petit-déjeuner gratuit est également offert dans plusieurs zones défavorisées. Explications.

iStock-SolStock

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Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté

Près de 7 mois après son annonce, deux mesures phares de la stratégie nationale du gouvernement de lutte contre la pauvreté ont été lancées sur le territoire national. En plus de la mise en place, le 17 avril dernier, du petit-déjeuner gratuit dans huit académies, c'est le dispositif de la cantine à un euro qui vient d'être déployé. Pour la secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé Christelle Dubos, ces petits-déjeuners gratuits à l'école sont « une mesure de bon sens qui s'attaque aux racines des inégalités », car « dans les zones défavorisées, un enfant sur dix arrive en classe le ventre vide, il n'a donc pas les mêmes chances d'apprentissage qu'un camarade qui a le ventre plein ». Cette mesure est d'abord expérimentée dans les quartiers défavorisés de 8 académies, comme celles de Montpellier, Amiens ou Toulouse avant d'être étendue à tout le territoire à partir de septembre. En parallèle, la mesure de cantine à un euro pourrait concerner, pour celles qui souhaitent y participer, jusqu'à 10 000 communes en France. Pour beaucoup d'enfants, le déjeuner constitue parfois le seul vrai repas de la journée. Problème, beaucoup de mairies ne prennent pas en considération les situations des familles pour fixer la tarification de la cantine.

Un effort de l'État et des communes

Les communes qui s'engagent à participer au dispositif « recevront une aide de l'État de 2 € par repas, sachant qu'il coûte en moyenne 4,50 € » a indiqué la secrétaire d'État. Un effort supplémentaire est donc demandé aux communes qui devront participer à hauteur de 1,50 € pour entrer dans le dispositif. Une somme bien en dessous de la réalité selon Rémi Martial, le maire de la commune de Lèves, qui explique sur le site du Figaro que le prix d'un repas à 4,50 € ne prend pas en compte les frais de garde et de service qui sont eux aussi à la charge de la collectivité. Un coup dur supplémentaire, selon ce maire, pour les communes « déjà saignées depuis 2014 par (…) les dotations de l'État [qui] baissent, mais les dépenses contraintes [qui] ne cessent d'augmenter ». Autre problème relevé par M. Martial, la « sectorisation » qui fera en sorte que telle ou telle famille ne pourra pas bénéficier de ces mesures sous prétexte qu'elle n'habite pas « le bon quartier ou la bonne commune »…

Les chiffres

La Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté a présenté en septembre dernier des chiffres alarmants : le taux de pauvreté, avec 8,8 millions de pauvres en 2017 dont 3 millions dans une situation de privation matérielle grave, est en hausse depuis 20 ans.

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