Le logo de la Banque centrale européenne (BCE) est visible à l'extérieur de son siège à Francfort
La Banque centrale européenne (BCE) a, comme prévu, laissé jeudi ses taux directeurs inchangés après deux hausses cette année, tout en soulignant que les risques d'inflation s'accentuaient et pourraient, à leur tour, freiner la croissance.
Cette décision, publiée quelques heures après l'annonce du départ anticipé de Christine Lagarde de la présidence de l'institution, était largement anticipée par les économistes et les marchés et laisse le taux de dépôt à 2,50%, celui du refinancement à 2,65% et celui du prêt marginal à 2,90%.
"Les prix de l'énergie ont continué à augmenter, ce qui fait peser des risques à la hausse sur les perspectives d'inflation et des risques à la baisse sur les perspectives de croissance", a souligné la banque centrale dans son communiqué de politique monétaire.
Après deux relèvements des taux d'intérêt cette année, la BCE semble se montrer désormais moins pressée en l'absence de signes d'effets inflationnistes de second ordre.
L'institut monétaire précise que l'inflation sous-jacente, qui exclut les éléments les plus volatils, comme l'énergie, restait "globalement stable" et que les salaires n'avaient pas réagi de manière "significative" à la hausse des prix.
L'inflation dans la zone euro s'est accélérée à 3,8% sur un an en septembre, dépassant largement l'objectif de 2% de Francfort, alors que le conflit au Moyen-Orient maintient les prix du pétrole bien au-dessus des 100 dollars le baril.
Plusieurs responsables de la BCE, dont Christine Lagarde, ont récemment affirmé qu'il n'y avait pas de signes clairs indiquant que la hausse des prix de l'énergie se répercutait sur le reste des prix, plaidant ainsi en faveur d'une réponse mesurée de la part de Francfort.
Cette pause dans la hausse des taux intervient en outre à un moment où les coûts d'emprunt ont fortement augmenté, notamment en France, ce qui, comme l'a souligné ce même mois Philip Lane, chef économiste la BCE, pourrait limiter l'ampleur du resserrement monétaire nécessaire pour contenir l'inflation.
"Les conditions de financement se sont durcies depuis la dernière réunion du Conseil des gouverneurs, ce qui devrait peser sur l'inflation et la croissance", a réaffirmé la BCE jeudi.
Une grande majorité des économistes interrogés par Reuters ne prévoient qu'une ou deux hausses supplémentaires avant que la BCE ne mette fin au cycle actuel de resserrement monétaire.
Sur les marchés, les rendements obligataires de référence amplifient leur recul, celui du Bund allemand à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, perdant 5,5 points de base à 3,0501% et les Bourses conservant leurs gains.
L'euro perd 0,26% à 1,1123 dollar.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, devait commenter les annonces de l'institution lors d'une conférence de presse prévue à 13h45 GMT.
(Reportage Balazs Koranyi et Francesco Canepa ; rédigé par Diana Mandiá)

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