Aller au contenu principal
Fermer

La BCE a la capacité d'agir "autant que nécessaire" face au conflit au Moyen-Orient déclare Villeroy
information fournie par Reuters 20/03/2026 à 12:12

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau à Tokyo

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau à Tokyo

La Banque centrale européenne (BCE) a la capacité d'agir "quand ce sera nécessaire et ‌autant que nécessaire" face aux pressions inflationnistes en zone euro induites par la hausse des prix de l'énergie liée au conflit en Moyen-Orient, a déclaré vendredi le gouverneur ​de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

L'institut de Francfort a maintenu jeudi ses trois taux directeurs à leur niveau actuel et a averti que la guerre dans la région assombrissait les perspectives en termes de croissance et d'inflation dans la zone euro.

Les prix du pétrole et du gaz ont bondi depuis le début ​des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, le 28 février, ce qui accroît le risque que la hausse des coûts de l'énergie n'entraîne une augmentation des prix à la consommation et ne freine l'activité économique dans l'ensemble du ​bloc monétaire, fortement dépendant des importations de carburant.

"Les dernières nouvelles allaient vers un ⁠conflit plus long, plus intense, ce sont donc des effets économiques plus forts", a souligné François Villeroy de Galhau dans l'émission Ecorama, évoquant les frappes ‌de Téhéran menées sur les sites énergétiques des pays du Golfe en représailles à une attaque israélienne contre un important gisement de gaz iranien.

"Mais nous avons la capacité d'agir autant que nécessaire et quand ce sera nécessaire", a-t-il ajouté. "Nous sommes pleinement déterminés à ​stabiliser l'inflation à notre cible à moyen terme de 2%."

"Nous disions ‌jusqu'à présent que nous étions dans une 'bonne position'. Maintenant nous disons que nous sommes 'bien positionnés' pour faire face ⁠à l'incertitude", a indiqué François Villeroy de Galhau, soulignant une formulation "davantage orientée vers l'action".

"Ni inaction, ni surréaction", la BCE a "les yeux sur le ballon et les mains prêtes à agir", a-t-il assuré.

Les banques centrales ont généralement tendance à minimiser l'impact des chocs pétroliers mais la crise inflationniste de 2022, due à l'envolée des prix de ⁠l'énergie après l'invasion de l'Ukraine par ‌la Russie, a laissé des traces. La BCE avait alors jugé temporaire la hausse des prix à la consommation et tardé à ⁠agir, provoquant un pic inflationniste jusqu'à 10,6% en zone euro.

VERS UNE HAUSSE DES TAUX ?

Trois sources ont indiqué jeudi à Reuters que la BCE pourrait devoir commencer à ‌discuter d'un relèvement de ses taux directeurs dès le mois d'avril et éventuellement resserrer sa politique monétaire lors de la réunion de juin, ⁠faute d'une résolution rapide du conflit en cours au Moyen-Orient.

Les marchés financiers anticipent désormais plus de deux hausses des ⁠taux d'intérêt de la BCE cette année, ‌la première étant attendue en juin.

Plusieurs grandes banques d'investissement, comme J.P. Morgan, Morgan Stanley et Barclays, ont par ailleurs revu leurs prévisions sur la politique monétaire. Elles ​tablent sur plusieurs hausses des taux de la BCE cette année contre un statu quo ‌attendu auparavant.

Barclays et J.P. Morgan prévoient une hausse en avril, suivie de nouvelles augmentations en juin et juillet, respectivement. De son côté, Morgan Stanley prévoit des hausses de 25 points de base ​en juin et en septembre.

Interrogé sur le fait que le prochain mouvement de politique monétaire de la BCE soit une hausse des taux, François Villeroy de Galhau a reconnu que "le conflit va plutôt dans le sens" d'un resserrement monétaire et que le scénario d'une baisse des taux est "beaucoup moins probable aujourd'hui".

Le gouverneur de ⁠la Bundesbank Joachim Nagel a aussi signalé un probable biais plus restrictif de l'institut de Francfort.

"Dans la situation actuelle, il est envisageable que les perspectives d'inflation à moyen terme se détériorent et que les anticipations d'inflation augmentent durablement, ce qui rendrait probablement nécessaire une politique monétaire plus restrictive", a-t-il déclaré à l'agence Bloomberg.

Le gouverneur de la banque d'Espagne, José Luis Escriva, s'est quant à lui montré plus prudent.

"Il est très difficile de discerner précisément l'impact de cette hausse des prix de l'énergie", a-t-il dit vendredi à l'agence EFE. "Certaines situations s'atténuent parfois sans nécessairement entraîner une modification des taux d'intérêt."

(Rédigé par Blandine Hénault, avec Balazs Koranyi et Francesco Canepa à ​Francfort, Jesús Aguado à Madrid, édité par Augustin Turpin)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires