( AFP / CARLOS JASSO )
La Banque d'Angleterre a maintenu sans surprise jeudi son taux directeur à 3,75%, niveau auquel il est figé depuis décembre, mais alerté sur le risque posé par une nouvelle escalade de la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis.
"L'inflation est retombée plus rapidement que nous l'avions prévu, mais le conflit au Moyen-Orient implique toujours des prix de l'énergie hauts et volatils", a expliqué le gouverneur de la banque centrale britannique, Andrew Bailey, dans un commentaire joint au rapport de politique monétaire.
Cela "devrait causer une nouvelle montée de l'inflation plus tard cette année", a-t-il ajouté.
"Peu importe comment le conflit évolue, notre tâche est de faire en sorte que toute augmentation de l'inflation reste temporaire et qu'elle revienne à notre cible de 2%", a-t-il insisté.
Tout comme la Réserve fédérale (Fed) la veille, la BoE a opté pour le statu quo jeudi, pour la cinquième fois d'affilée. Trois membres sur neuf du Comité de politique monétaire (MPC) ont cependant voté en faveur d'une hausse de taux de 0,25 point.
Bien que le nombre de membres favorable à un resserrement ait augmenté par rapport à la réunion de juin, "les marchés financiers ont réduit leurs anticipations d'une hausse en septembre", désormais évaluée à moins d'une chance sur deux, notamment en raison d'une légère amélioration des prévisions d'inflation de la BoE, a constaté Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
"Ne quittez pas cette salle en pensant que la Banque d'Angleterre s'achemine vers un relèvement des taux, car, très honnêtement, rien dans mes propos (...) ne le laisse entendre", a d'ailleurs indiqué M. Bailey aux journalistes lors de la conférence de presse suivant l'annonce.
La guerre au Moyen-Orient qui a éclaté fin février, en dopant les prix des hydrocarbures et en relançant les craintes inflationnistes, a stoppé l'élan de baisse des taux des banquiers centraux.
La Banque d'Angleterre a présenté jeudi trois scénarios pour l'économie britannique, conditionnés par l'évolution du conflit.
Sa projection centrale table sur une inflation à 3% cette année au Royaume-Uni, avec un pic à 3,2% au dernier trimestre, en ligne ce qu'elle envisageait en juin, avant de redescendre les années suivantes.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) dans le pays devrait elle atteindre 1,1% en 2026 et autant en 2027 – ce qui constitue une amélioration par rapport à ses estimations d'avril.
La hausse des prix a ralenti en juin au Royaume-Uni, à 2,6% sur un an, en partie grâce à la baisse des prix des carburants.
Un soulagement qui pourrait s'avérer de courte durée pour le pays car les hostilités ont repris de plus belle ce mois-ci entre les Etats-Unis et l'Iran après un bref cessez-le-feu, faisant brièvement remonter le baril de pétrole brut au-dessus des 100 dollars.
En cas d'escalades répétées des hostilités, l'inflation pourrait grimper jusqu'à 4,5% au deuxième trimestre 2027, prévient la BoE - là où elle craignait en avril qu'elle s'envole à 6,2% sur les trois premiers mois de l'année prochaine dans le pire des scénarios.
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