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par Leigh Thomas
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a légèrement relevé mercredi sa prévision de croissance mondiale pour cette année, notant que dans de nombreux pays, l'activité économique avait résisté à la flambée des cours du pétrole provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
"Le dynamisme persistant des activités liées à l'intelligence artificielle (IA) a également soutenu l'investissement, la production et les échanges", poursuit l'OCDE, organisation basée à Paris.
Après une croissance de 3,4% l'année dernière, l'économie mondiale devrait ralentir pour s'établir à 2,9% en 2026, un chiffre toutefois supérieur aux 2,8% prévus en juin, précise l'OCDE dans ses perspectives économiques intermédiaires.
Mais l'OCDE note que les conséquences de la guerre déclenchée par les attaques lancées le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran devraient peser sur la dynamique de croissance, l'organisation abaissant ainsi sa prévision de croissance mondiale à 3,0%, contre 3,1% en juin.
"Les perspectives économiques mondiales restent très dépendantes de l'éventualité d'un réglement durable du conflit. Les prix du pétrole ont récemment augmenté suite à l'intensification des perturbations de la production et des exportations des économies du Golfe", poursuit l'OCDE.
Outre les incertitudes concernant l'évolution des marchés pétroliers, l'OCDE pointe d'autres risques pesant sur la croissance mondiale, comme l'impact potentiel du phénomène climatique "El Niño", dont l'intensité pourrait être inédité, ou encore un secteur de l'IA qui finalement ne tient pas ses promesses.
Si tous ces risques devaient se concrétiser, l'OCDE estime qu'ils devraient ensemble amputer la croissance mondiale de 0,7 point de pourcentage en 2027 et faire grimper l'inflation mondiale de 1,1 point de pourcentage.
Dans ses prévisions de base - donc sans tenir compte de ce ces risques - l'OCDE table sur une inflation de 4,1% dans les économies du G20 en 2026, contre 4,0% prévus en juin.
L'OCDE a également revu à la hausse ses prévisions d'évolution des prix pour 2027, voyant désormais pour cette année une inflation à 3,6%, contre 3,1% en juin, ce qui, selon elle, pourrait contraindre les banques centrales à resserrer encore leur politique monétaire.
DES PERSPECTIVES DIVERGENTES
Aux États-Unis, première puissance économique mondiale, la croissance devrait s'établir à 2,2% cette année et à 2,1% en 2027, deux prévisions revues à la hausse par rapport à juin - contre 2,1% en 2025 - les investissements massifs liés à l'intelligence artificielle outre-Atlantique compensant la baisse des dépenses de consommation.
L'inflation américaine devrait de son côté atteindre 3,6% en 2026, avant de redescendre à 2,6% en 2027, les droits de douane imposés par l'administration Trump et la hausse des prix de l'énergie pesant sur le pouvoir d'achat des ménages et les coûts des entreprises.
La croissance chinoise devrait ralentir pour s'établir à 4,5% cette année et à 4,2% en 2027 - contre 5,0% en 2025 - des prévisions inchangées par rapport à juin.
Les mesures prises par Pékin pour réduire les surcapacités industrielles pèsent sur l'investissement tandis que la consommation pâtit d'une remontée progressive de l’inflation.
La prévision de croissance de la zone euro a été revue en hausse de 0,2 point de pourcentage pour 2026, à 1,0% - contre +1,3% en 2025 - mais celle de 2027 a été revue en baisse de 0,2 point de pourcentage, également à à 1,0%, la hausse des prix de l'énergie et des taux d'intérêt étant susceptible de peser sur l'activité.
L'inflation dans la zone euro devrait s'établir à 3,0% cette année et à 2,9% en 2027, en partie sous l'effet d'une flambée des prix du gaz naturel, les niveaux de stockage européens se situant à leur plus bas niveau depuis 15 ans à l'approche de la période de chauffage hivernal.
Pour la seule France, l'OCDE a ramené sa prévision de croissance 2026 à 0,4%, contre 0,7% en juin, l'organisation étant le dernier prévisionniste en date à revoir en forte baisse son estimation pour la deuxième puissance économique de la zone euro. Pour 2027, l'OCDE voit désormais le produit intérieur brut (PIB) augmenter de 0,7% contre +0,8% précédemment.
L'OCDE a revu à la hausse sa prévision de croissance 2026 pour l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne tout en maintenant ses estimations 2027 pour ces trois pays.
L'économie japonaise devrait connaître une croissance de 0,8% en 2026 et de 0,7% en 2027 - contre un PIB en hausse de 1,2% en 2025 - la hausse des taux directeurs de la Banque du Japon et le renchérissement des importations d'énergie venant contrebalancer la vigueur des investissements des entreprises.
L'OCDE voit désormais une croissance britannique à 1,1% en 2026, contre une estimation de juin de 0,9% et un PIB en hausse de 1,3% en 2025. Pour 2027, l'estimation de croissance a été revue en baisse de 0,1 point de pourcentage, à 1,0%.
(Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Augustin Turpin)

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