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L'Iran et l'Ukraine planent sur le G7 alors que la France recherche l'unité
information fournie par Reuters 11/06/2026 à 10:00

par John Irish, Michel Rose et Andrea Shalal

Les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine devraient dominer le sommet du G7 la semaine prochaine, tandis que la France, pays hôte, élabore un programme visant à projeter une image d'unité et à éviter la confrontation avec le président américain Donald Trump.

La réunion qui se tiendra du 15 au 17 juin à Évian-les-Bains, sur les rives du lac Léman, rassemblera les dirigeants de la France, de la Grande-Bretagne, du Canada, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon et des États-Unis, ainsi que ceux de l'Union européenne.

Alors que Donald Trump peine à mettre fin à une guerre qui a perturbé l'économie mondiale et qu'il a exprimé sa frustration à l'égard de ses alliés européens qui, selon lui, l'ont abandonné dans le Golfe et sont devenus trop dépendants des États-Unis pour leurs besoins de sécurité, les diplomates affirment que la gestion de crise sera au coeur des préoccupations.

Aucune percée n'est donc attendue sur les questions cruciales, dont font également partie la lutte contre les déséquilibres économiques mondiaux et l'approvisionnement en minéraux critiques en dehors de la Chine.

La cohésion qui existait au sein du Groupe des Sept s'est effritée depuis le retour de Trump à la Maison blanche en 2025.

Les dates du sommet ont été choisies afin de permettre à Donald Trump de fêter son 80e anniversaire en grande pompe à la Maison Blanche le 14 juin.

"(Emmanuel) Macron a tout fait pour élaborer un programme conçu pour répondre aux attentes du président Trump", a déclaré Josh Lipsky, président du département d'économie internationale du cercle de réflexion Atlantic Council.

L'HUMEUR DE TRUMP POURRAIT DÉPENDRE DE L'IRAN

Le rythme des négociations pourrait être dicté par les événements au Moyen-Orient. Le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran est mis à rude épreuve, et parvenir à un accord, même temporaire, qui repousse l'échéance pour aborder des questions plus épineuses comme le programme nucléaire iranien, s'avère ardu.

Donald Trump souhaite que l'Iran rouvre le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour les exportations mondiales de pétrole et de gaz. Téhéran exige en revanche que les États-Unis lèvent le blocus de leurs ports et débloquent les avoirs iraniens gelés, et qu'Israël cesse ses attaques contre le Hezbollah au Liban.

Selon des diplomates, l'humeur du président américain pourrait dépendre de sa capacité à conclure un accord avant le sommet. Ces derniers mois, il a vivement critiqué certains des plus proches alliés des États-Unis au sein de l'Otan pour leur refus de soutenir sa campagne dans le Golfe.

Un haut diplomate d'un pays membre du G7 a déclaré qu'un accord pourrait permettre au groupe de mettre fin à des mois de tensions avec les États-Unis.

La France a invité l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, tous directement touchés par la guerre, à participer au sommet. L'Égypte, acteur clé des efforts de médiation, a également été conviée.

LES EUROPÉENS DEMANDENT AUX ÉTATS-UNIS DE REVOIR LEUR POSITION SUR L'UKRAINE

Le président ukrainien Volodimir Zelensky est également invité.

Les négociations visant à mettre fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine sont au point mort, et Volodimir Zelensky insiste pour que l'Europe joue un rôle plus important. Le dirigeant ukrainien craint en effet que le conflit en Iran n'ait détourné l'attention des États-Unis.

Parallèlement, la situation sur le terrain en Ukraine a évolué: les drones ukrainiens pénètrent plus profondément en territoire russe afin de couper les lignes de ravitaillement et de paralyser les infrastructures énergétiques.

Les diplomates européens voient dans ce sommet l'occasion de convaincre Donald Trump que les propositions américaines d'accord sont trop favorables à la Russie.

Les pays européens souhaitent également montrer leur volonté de dialoguer avec la Russie tout en renforçant les sanctions et l'aide militaire à l'Ukraine, soulignant ainsi que, selon eux, c'est Moscou, et non Kyiv, qui bloque les progrès.

"Ce que nous observons de plus en plus, c'est que les Européens commencent à envisager une vie moins dépendante des États-Unis", a déclaré Victor Cha, responsable de la géopolitique et de la politique Centre pour les études stratégiques et internationales de Washington.

LES DÉSÉQUILIBRES MONDIAUX METTENT LA CHINE EN LUMIÈRE

Les responsables français ont renoncé à parvenir un communiqué final global, optant plutôt pour des déclarations communes plus ciblées sur des sujets tels que les minéraux critiques, les migrations et le trafic de drogue.

Asuka Tatebayashi, analyste à la banque Mizuho de Tokyo, a déclaré que le gouvernement japonais et ses principales entreprises avaient constitué depuis plus d'une décennie des stocks de minéraux critiques et démontré leur capacité à résister aux chocs d'approvisionnement.

Elle a exhorté le G7 à convenir d'une initiative concrète sur les minéraux critiques, qui prévoirait notamment un prix minimum, le partage des stocks ou des projets de développement conjoints. Elle a toutefois indiqué que les divergences entre les pays restaient importantes.

Paris a profité de sa présidence du G7 pour plaider en faveur de mesures concernant les déséquilibres macroéconomiques mondiaux, une préoccupation de longue date des États-Unis, avant que Washington ne prenne la présidence du G20 cette année et du G7 l'année prochaine.

La France a présenté le problème comme une responsabilité partagée: la Chine surproduit, les États-Unis surconsomment et l'Europe sous-investit.

Le Brésil, l'Inde, le Kenya et la Corée du Sud ont été invités au G7 pour participer aux discussions, tandis qu'Emmanuel Macron a exhorté Pékin à stimuler sa propre consommation.

"Rien de tout cela ne résout le problème, mais la première étape consiste à reconnaître son existence", a déclaré Josh Lipsky. "Le sujet est abordé depuis des années, mais pas collectivement au sein du G7."

(Avec John Geddie à Tokyo et Giselda Vagnoni à Rome)

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