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L'incendie des Pyrénées-Orientales ralentit mais provoque de gros dégâts
information fournie par AFP 06/07/2026 à 15:36

Un nuage de fumée provenant d’un incendie de forêt qui ravage la région des Aspres, vu depuis Montalba-le-Château, dans le département des Pyrénées-Orientales, le 5 juillet 2026 ( AFP / Jc Milhet )

Un nuage de fumée provenant d’un incendie de forêt qui ravage la région des Aspres, vu depuis Montalba-le-Château, dans le département des Pyrénées-Orientales, le 5 juillet 2026 ( AFP / Jc Milhet )

Toujours pas fixé, l'incendie dans les Pyrénées-Orientales, qui a entraîné l'évacuation de 10.000 personnes et chamboulé l'arrivée de l'étape du Tour de France, a provoqué d'importants dégâts lundi et les conditions météo compliquent la tâche des 750 pompiers à l'oeuvre.

"A certains endroits, on dirait qu'on a reçu une bombe atomique, c'est catastrophique", a confié à l'AFP par téléphone Marc Bianchini, le maire de Rodès, un village évacué dimanche soir.

"A 7h, ça paraissait éteint, puis avec la chaleur et un coup de vent, c'est reparti", a-t-il expliqué, précisant qu'une vingtaine d'habitations et une trentaine de véhicules avaient brûlé sur le territoire de sa commune.

Le feu n'est toujours "pas fixé", mais il semble avoir ralenti, progressant de quelques dizaines d'hectares depuis lundi matin.

Evacuée en bus d'Ille-sur-Têt dimanche en début de soirée, Vanessa Alted, 43 ans, a passé la nuit avec ses trois enfants dans une salle municipale de Thuir, à 20 km de là, en compagnie d'environ 70 personnes.

Une vingtaine de communes du massif des Aspres et celle d'Ille-sur-Têt ont été évacuées dimanche soir.

"Début d'apocalypse"

"C'était très enfumé, des gens partaient à droite à gauche, un début d'apocalypse", raconte Vanessa Alted, qui n'a "pas dormi de la nuit". Anticipant dimanche l'avancée de l'incendie, elle avait préparé quelques affaires à emmener avec elle.

Un avion Canadair CL-415 de la Sécurité civile française largue de l’eau sur un incendie de forêt au col des Auzines, près de Trévillach, dans le sud de la France, le 5 juillet 2026 ( AFP / Matthieu RONDEL )

Un avion Canadair CL-415 de la Sécurité civile française largue de l’eau sur un incendie de forêt au col des Auzines, près de Trévillach, dans le sud de la France, le 5 juillet 2026 ( AFP / Matthieu RONDEL )

Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach, samedi soir.

Le niveau de risque d'incendie reste élevé dans les Pyrénées-Orientales à cause des températures mais aussi d'un phénomène de brise sèche, et le sera jusqu'à la fin de semaine, a prévenu Charlotte Couture, responsable assistance feux à la direction régionale du Sud-Ouest de Météo-France, interrogée par l'AFP.

"Il y a plus d'un moins qu'il n'a pas plu du tout (dans ce département, ndlr) et plus de deux mois qu'il n'a pas plu de façon significative (...) Avec cette sécheresse, toutes les journées sont à enjeu", a estimé Mme Couture.

Mardi, toute la France sans exception sera en situation de danger élevé ou modéré pour les incendies, a-t-elle ajouté.

Michel et Andrée Gallais, 79 et 86 ans, ont quitté leur village de Corbère en voiture dimanche soir. "La fumée arrivait, les gendarmes sont venus nous dire de partir", raconte M. Gallais. "On est impatients de pouvoir rentrer."

Remerciant les évacués pour leur "civisme" et leur "courage", le préfet a toutefois insisté: "Je leur demande de ne pas chercher aujourd'hui à retourner sur les lieux, à regagner leur domicile, puisque le feu reste actif."

L'incendie a blessé au moins 16 personnes dont quatre pompiers, selon la préfecture dans un communiqué.

Il a provoqué un épisode de pollution aux particules fines, a indiqué l'organisme de surveillance de la qualité de l'air Atmo Occitanie, qui recommande aux populations vulnérables ou sensibles d'éviter ou de réduire leurs activités physiques intenses.

Arrivée du Tour sans public

L’hélicoptère H125 de lutte contre l’incendie du SDIS11 (Service départemental d’incendie et de secours) largue de l’eau sur un feu de forêt près du col des Auzines, à proximité de Trévillach, dans le sud de la France, le 5 juillet 2026 ( AFP / Matthieu RONDEL )

L’hélicoptère H125 de lutte contre l’incendie du SDIS11 (Service départemental d’incendie et de secours) largue de l’eau sur un feu de forêt près du col des Auzines, à proximité de Trévillach, dans le sud de la France, le 5 juillet 2026 ( AFP / Matthieu RONDEL )

Les coureurs du Tour de France ont bien pris lundi le départ de la troisième étape, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, mais l'arrivée se fera "sans public" dans les Pyrénées-Orientales, en raison de la mobilisation des secours, a expliqué le préfet.

"Ma priorité du jour, c'est de venir en aide à la population qui a été évacuée. Donc j'ai décidé qu'il n'y aurait pas un seul sapeur-pompier qui serait mobilisé sur le Tour de France", a-t-il dit lundi.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, doit se rendre sur place en fin d'après-midi.

Ailleurs en France, les pompiers luttent contre de multiples feux. "La situation est très préoccupante", a souligné lundi matin sur Franceinfo la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

"Pour donner une comparaison, il y a 11.000 hectares qui ont brûlé en France aujourd'hui. C'était un peu plus de 5.000 l'année dernière à la même période. C'est dire qu'on est face à une situation extraordinaire", a-t-elle poursuivi.

Les Pyrénées-Orientales continuent d'observer, comme 15 autres départements lundi, une vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

Un autre incendie dans les Pyrénées-Orientales avait entraîné jeudi l'évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer.

De l'autre côté de la frontière espagnole, un incendie près de la touristique Costa Brava a brûlé plus de 2.000 hectares entre vendredi et dimanche.

Dans le nord du Portugal, un important feu de forêt brûle depuis plusieurs jours et a ravagé au moins 13.000 hectares.

Dans le Gard, le feu de Lédenon est "fixé mais pas éteint", selon la préfecture lundi matin. Il a parcouru 540 hectares et brûlé deux maisons ainsi que plusieurs véhicules, sans faire de blessés. Près d'Avignon, le feu de Rocheford-du-Gard est presque éteint.

Même si 90% des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et de sécheresse sous l'effet du changement climatique.

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