(Actualisé tout du long avec éléments supplémentaires; photo à
disposition)
4 octobre (Reuters) - Le président azerbaïdjanais, Ilham
Aliev, a décidé de ne pas prendre part à des discussions avec le
Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, prévues jeudi en
Espagne sous l'égide de l'Union européenne, un revers pour les
démarches destinées à sauver le processus de paix entre Bakou et
Erevan.
Dans le sillage de l'opération militaire éclair menée le
mois dernier par l'Azerbaïdjan au Haut-Karabakh pour prendre le
contrôle de l'enclave au détriment d'ethnies arméniennes,
provoquant la fuite de plus de 100.000 personnes vers l'Arménie,
la réunion de Grenade devait servir à prévenir toute escalade
supplémentaire.
Nikol Pachinian, contesté en Arménie, a indiqué qu'il
prendrait tout de même part aux discussions, comme attendu,
alors qu'Erevan est en quête d'aide pour faire face à une crise
alimentaire amplifiée par l'opération de Bakou le 20 septembre.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, le
président français, Emmanuel Macron, et le chancelier allemand,
Olaf Scholz, doivent participer à la réunion, qui s'inscrit dans
le cadre du sommet de la Communauté politique européenne (CPE).
D'après l'agence de presse officielle azerbaïdjanaise APA,
citant des sources non-identifiées, Ilham Aliev a décidé de ne
pas se rendre en Espagne après avoir essuyé un refus de la
France et de l'Allemagne au sujet de la présence de la Turquie à
la réunion.
Le dirigeant azerbaïdjanais désapprouve aussi les
"déclarations pro-arméniennes" de représentants français et la
décision de Paris, annoncée mardi à Erevan par la ministre
française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, de fournir
du matériel militaire à l'Arménie.
Bakou a aussi senti qu'une "atmosphère anti-Azerbaïdjan"
s'était développée parmi les participants potentiels aux
discussions, a rapporté l'agence de presse officielle.
Une source au sein de l'administration azerbaïdjanaise a
confirmé à Reuters la décision d'Ilham Aliev. Cette source a
indiqué que le dirigeant était toutefois disposé à prendre part
à des discussions trilatérales avec Nikol Pachinian et Charles
Michel.
REVERS CINGLANT
Le Haut-Karabakh est depuis plus de trois décennies au
coeur d'un conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Reconnue
comme territoire azerbaïdjanais par la communauté
internationale, l'enclave était de facto indépendante depuis la
chute de l'Union soviétique et une guerre au début des années
1990, dirigée depuis lors par des ethnies arméniennes
considérant le Haut-Karabakh comme leur patrie ancestrale.
En dépit de multiples cycles de discussions, Bakou et
Erevan ne sont jusqu'à présent pas parvenus à sceller un accord
de paix, un horizon qui semble s'être éloigné davantage avec
l'intervention militaire du mois dernier.
Olessia Vartanian, analyste du Caucase du Sud pour l'ONG
International Crisis Group qui oeuvre à apaiser les conflits
mondiaux, a déclaré que l'absence d'Ilham Aliev à la réunion de
jeudi était un revers cinglant.
"C'était très important pour lui de venir, après
l'opération militaire au Haut-Karabakh, pour se réengager pour
le processus de paix avec la médiation de l'Union européenne et
des Etats-Unis", a-t-elle commenté.
Elle a ajouté que des conseillers d'Ilham Aliev et de
Nikol Pachinian s'étaient entretenus la semaine dernière à
Bruxelles avec des représentants français, allemands et
européens afin d'éviter toute surprise ou malentendu en vue de
la réunion de Grenade.
Sans dialogue, les risques d'un conflit armé sur le
terrain sont amplifiés, a-t-elle souligné.
L'Azerbaïdjan a aussi dénoncé, via son ministère des
Affaires étrangères, des propos selon lui non-fondés de la part
de Catherine Colonna, qui a déclaré mercredi que Bakou n'avait
"jamais cessé de s'armer" à des fins offensives et qu'il était
ainsi normal que Paris continue de fournir des équipements
défensifs à Erevan.
La France, a ajouté la ministre devant une commission
parlementaire, ne cherche pas à alimenter la crise entre les
deux pays. Elle a répété que toute action contre l'intégrité
territoriale de l'Arménie donnerait lieu à des réponses
"robustes", appelant l'UE à envoyer un signal clair en ce sens.
(Reportage Mark Trevelyan, avec Nailia Bagirova, Andrew Osborn,
John Irish, Tuvan Gumrukcu, Doina Chacu et Paul Grant; version
française Jean-Stéphane Brosse, Kate Entringer et Jean Terzian,
édité par Nicolas Delame)
L'Azerbaïdjan se retire d'une réunion avec l'Arménie et l'UE, boycotte la France
information fournie par Reuters 04/10/2023 à 20:28
© 2026 Thomson Reuters. All rights reserved.
Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies.
A lire aussi
-
Voici les derniers événements, au neuvième jour de la guerre au Moyen-Orient: - Un successeur pour Khamenei L'Assemblée des Experts, instance compétente pour désigner le successeur du guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour des frappes israélo-américaines ... Lire la suite
-
La police antiterroriste américaine a ouvert une enquête après des jets d'"engins incendiaires" à New York aux abords d'une manifestation anti-islam organisée samedi sous les fenêtres du premier maire musulman de la ville. Selon la cheffe de la police new yorkaise ... Lire la suite
-
Zhang Xiaofei et son mari ont pris le temps d'atteindre une relative sécurité financière avant d'avoir un bébé. Une récente allocation instaurée pour stimuler les naissances en Chine a représenté un coup de pouce bienvenu sur lequel ils ne comptaient même pas. ... Lire la suite
-
Les équipements GPS des porte-conteneurs, pétroliers et autres navires immobilisés au Moyen-Orient à cause de la guerre sont probablement moins pointus que ceux du téléphone sur lequel vous lisez cet article. C'est ce qui explique que depuis le début du conflit, ... Lire la suite
- Accueil Bourse
- Tous les cours boursiers
- Cours CAC 40
- Indices boursiers internationaux
- Palmarès Bourse
- Cours du Pétrole (Brent)
- Convertisseur de devises
- Convertisseur dollar / euro
- Convertisseur euro / dollar
- Convertisseur livres / euro
- Convertisseur franc suisse / euro
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer