L’Argentine, une ode au mal nécessaire
Truqueuse, violente et tristement repliée sur ses bases arrière, l’Argentine aura livré une finale de Coupe du monde somme toute assez déplorable. Mais en endossant volontiers le costard de vilain du football mondial, l’Albiceleste aura au moins eu le mérite de rester elle-même. Dans un football de plus en plus lisse, globalisé et uniformisé, c’est une forme de dramaturgie et d’antagonisme sportif qui perdure. Tant pis pour la beauté du jeu. Tant mieux pour sa mythologie et sa dualité.
Depuis le 29 juillet 2026, le monde est rouge. Encore. Dominatrice et hégémonique, l’Espagne a asphyxié une sélection argentine dont la finale se sera trop souvent résumée à une enfilade méprisable de coups bas. Tout le monde – ou presque – s’en réjouira. L’Albiceleste était hargneuse. Truqueuse. Laide. Sa finale indigne fera oublier au grand public qu’elle avait aussi su, par intermittence, bien jouer au football pendant ce Mondial-là. L’essentiel est ailleurs : les salops de l’histoire, les vrais, ont perdu. L’Espagne triomphe. Le football aussi.
Salop-art
Mais si la fin de l’histoire est belle, c’est peut-être aussi parce qu’il y a eu jusqu’au bout un vilain assez vicelard pour potentiellement la gâcher. L’équipe de France l’a prouvé : être un bon méchant n’est pas donné à tout le monde. Ce dimanche, en revêtant ses oripeaux noirs, l’Argentine a quand même eu le bon goût de nous offrir quelque chose : une scénographie. Un dualisme. Une asymétrie. Les artistes contre les casseurs. Les chevaliers blancs contre les lanciers d’ébène. Un collectif contre un Messi. Footballistiquement, ce n’est pas toujours la panacée. Mais dans le football des nations, il y a souvent quelque chose du caractère et de la destinée des peuples qui s’affronte.…
Par Adrien Candau pour SOFOOT.com
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