Aller au contenu principal
Fermer

L'Allemagne insatisfaite des coupes proposées dans le futur budget de l'UE
information fournie par AFP 10/10/2026 à 19:07

Le chancelier allemand Friedrich Merz, le 8 octobre 2026 à Berlin. ( AFP / Tobias SCHWARZ )

Le chancelier allemand Friedrich Merz, le 8 octobre 2026 à Berlin. ( AFP / Tobias SCHWARZ )

L'Irlande a proposé samedi de réduire d'environ 140 milliards d'euros le projet de budget pluriannuel de l'Union européenne, sans parvenir à contenter l'Allemagne et ses soutiens, qui continuent de réclamer des coupes massives, au grand dam des autres Etats dont la France.

"Il reste du chemin à faire" pour réconcilier les points de vue, a expliqué le ministre irlandais des Affaires européennes Thomas Byrne, en présentant à Bruxelles un budget révisé pour la période 2028-2034.

Cette nouvelle épure, inférieure de 8% au budget initial proposé l'an dernier par Bruxelles selon les calculs de l'Irlande, qui exerce la présidence tournante de l'UE, devrait permettre d'"accélérer" les discussions entre les 27, jusqu'ici au point mort, a-t-il espéré.

Peine perdue, à en croire le concert de réactions très négatives des pays "frugaux", partisans de coupes budgétaires encore plus sévères.

"Nous sommes toujours loin d'un accord. Le montant de la nouvelle proposition ne constitue pas une bonne base" pour y parvenir, a pourfendu samedi leur leader, le chancelier allemand Friedrich Merz.

"Le budget doit être soutenable pour ceux qui en payent la plus grande partie", a-t-il martelé dans un communiqué.

"Déraisonnnable"

Plusieurs alliés de Berlin ont fait écho à ces propos.

Le projet de l'Irlande est "déraisonnable", a cinglé la ministre suédoise aux Affaires européennes, Jessica Rosencrantz, tandis que son homologue autrichienne Claudia Bauer réclamait "plusieurs centaines de milliards d'euros de coupes supplémentaires".

De quoi plomber un peu plus les chances de conclure les négociations budgétaires avant Noël, comme le voudraient les responsables de l'UE.

Ils voudraient ainsi éviter qu'elles ne se télescopent avec les nombreuses échéances électorales de 2027, notamment la présidentielle en France, où l'extrême droite caracole en tête dans les sondages.

Mais à deux mois et demi de l'échéance, ce calendrier semble de plus en plus impossible à tenir, vu les positions très hétérogènes au sein des 27.

Et les législatives anticipées prévues fin novembre en Espagne pourraient faire glisser le calendrier.

Dans sa tentative de compromis, la présidence irlandaise de l'UE a proposé de sabrer dans les dépenses allouées au programme d'aide au développement Global Europe, et les dépenses administratives.

Mais ils veulent aussi réduire les fonds destinés à la compétitivité et la sécurité, des domaines prioritaires pour les "frugaux".

En revanche, les fonds dédiés aux politiques traditionnelles de l'UE, l'agriculture et la cohésion sociale et territoriale, seraient préservés dans l'ensemble, par rapport à ce que proposait Bruxelles.

Soit l'exact inverse de ce qu'il faudrait faire, commente en substance un diplomate européen qui a requis l'anonymat, appelant de ses voeux un budget "qui s'attaque aux défis et aux priorités actuelles de l'Europe".

Dublin propose par ailleurs un total de 55 milliards d'euros de "ressources propres" supplémentaires pour alimenter le budget européen, sans alourdir d'autant les contributions des Etats membres, via notamment une taxe sur les grandes entreprises et la fiscalité environnementale.

"une forme de régression"

Ces propositions seront au menu d'un sommet des chefs d’État et de gouvernement européens organisé jeudi et vendredi à Bruxelles.

La France se veut elle "au centre" de ces négociations, selon la présidence française, qui renvoie dos à dos "les super frugaux qui veulent des coupes massives, garder leur rabais et qui, du coup, condamnent le budget européen à une forme de régression", et "de l'autre, les +amis de la cohésion+", ces 17 pays du sud et de l'est qui voudraient augmenter toujours plus les fonds pour l'agriculture et les régions.

Le Parlement européen, de son côté, reste partisan d'un budget plus élevé que la proposition initiale de Bruxelles.

Les coupes proposées par l'Irlande "affaibliraient notre capacité à agir", et diminueraient les possibilités "de protéger les citoyens", a souligné l'eurodéputé Siegfried Muresan (PPE, droite), co-rapporteur du budget.

D'après l'Irlande, le compromis présenté samedi représente cependant un budget total de plus de 1.600 milliards d'euros, supérieur de 30% à l'enveloppe actuelle (hors plan de relance post-Covid). Mais c'est sans tenir compte de l'inflation, qui réduit l'enveloppe en termes réels.

Si cela ne représente qu'un peu plus de 1 % du revenu national brut de l'UE de 2028 à 2034, les négociations se déroulent dans un climat financier tendu pour les 27, sur fond d'envolée des prix de l'énergie.

La France, comme plusieurs autres pays, se débat avec ses difficultés budgétaires internes, tandis qu'en Allemagne, Friedrich Merz est fragilisé par la montée électorale du parti d'extrême droite AfD.

4 commentaires

  • 19:46

    "Les institutions et organes de l’UE ainsi que ses agences exécutives emploient quelque 51 000 agents statutaires (...)". Le coût direct = rémunérations = 6 milliards environ = 117,647euros par agent. Le coût complet (y compris retraites, locaux, formation) = 12 milliards environ. Source eca.europa.eu/ECAPublications/SR-2024-24/SR-2024-24_FR.pdf.
    Les rémunérations apparaissent incroyablement confortables, d'autant qu'elles sont exonérées d'impôts.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Le président américain Donald Trump parle à la presse sur la pelouse sud de la Maison Blanche, à Washington, le 10 octobre 2026 ( AFP / Alex WROBLEWSKI )
    information fournie par AFP 10.10.2026 19:41 

    Donald Trump s'en est pris vertement samedi à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, affirmant qu'il était "temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président" en raison de son incapacité selon lui à mettre fin à la guerre avec la Russie. "Je leur suggère de ... Lire la suite

  • Gabriel Attal, candidat du parti de centre droit Renaissance à l'élection présidentielle française de 2027, lors d'un meeting de campagne à Lyon, le 10 octobre 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )
    information fournie par AFP 10.10.2026 19:09 

    "Moins d'élèves par classe", "révolution des temps scolaires", réforme de Parcoursup : samedi à Lyon, sur fond de mobilisation lycéenne, Gabriel Attal a présenté son "pacte pour la jeunesse", dans un duel de meetings avec Jean-Luc Mélenchon, attendu dimanche à ... Lire la suite

  • Un commerce barricadé avec des planches de bois pour le protéger du possible impact de l’ouragan Simón à Puerto Vallarta, dans l'État de Jalisco, au Mexique, le 9 octobre 2026 ( AFP / ULISES RUIZ )
    information fournie par AFP 10.10.2026 19:07 

    Le cyclone Simón a progressé samedi dans le Pacifique en direction du Mexique, où il menace de toucher terre avec une grande intensité. Selon les prévisions météorologiques, il pourrait être classé catégorie 4 voire 5, le plus haut degré sur l'échelle de Saffir-Simpson. ... Lire la suite

  • Des opposants à l'autoroute A69, qui doit relier Toulouse à Castres et être mise en service début novembre, manifestent sur un terrain agricole de Cambounet-sur-le-Sor, dans le Tarn, le 10 octobre 2026  ( AFP / Matthieu RONDEL )
    information fournie par AFP 10.10.2026 19:05 

    "Jusqu'à ce que la dernière goutte de bitume soit versée" : au moins un millier d'opposants à l'autoroute A69 ont de nouveau manifesté samedi dans le Tarn contre cette infrastructure au cœur d'une intense contestation depuis trois ans et qui doit ouvrir dans trois ... Lire la suite

Pages les plus populaires