Logo de l'Agence internationale de l'énergie à Paris
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) est convenue jeudi de mettre sur le marché plus de 20 millions de barils de diesel dès que possible, ainsi que les volumes restants des réserves d’urgence libérées en mars, afin de contribuer à approvisionner le marché et à freiner la flambée des prix.
Le président américain Donald Trump a exhorté les pays de l’Union européenne à puiser dans leurs réserves, menaçant de restreindre les exportations américaines de diesel afin de contenir la hausse des prix avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Les prix du diesel ont atteint des niveaux records sur de nombreux marchés liés à la guerre au Moyen-Orient et au conflit entre la Russie et l’Ukraine, faisant peser des risques inflationnistes et aggravant le coût de la vie pour les gouvernements et les consommateurs.
Le conseil d’administration de l’AIE, qui compte 32 pays membres, s’est réuni jeudi pour examiner l’ampleur et le calendrier des mises sur le marché des stocks.
"Le conseil de direction de l’AIE a réaffirmé son engagement à poursuivre la mise en œuvre de l’action collective de mars 2026 en réponse à la crise dans le détroit d’Ormuz", a indiqué l’agence dans un communiqué publié à l’issue de la réunion.
En mars, les pays membres s’étaient engagés à libérer plus de 400 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers, alors que les prix s’envolaient.
Jeudi, les membres "sont convenus d’accélérer la mise sur le marché des volumes restants, des plans précis étant déjà en place, notamment pour libérer plus de 20 millions de barils de diesel dès que possible".
Le volume de 20 millions de barils de diesel est inférieur aux 50 millions de barils envisagés précédemment, selon une source au fait des discussions.
DÉCEPTION FACE À L’ABSENCE DE VOLUMES SUPPLÉMENTAIRES
Reuters a rapporté ce mois-ci que les gouvernements de l’Union européenne examinaient une proposition française visant à libérer 50 millions de barils de diesel, auxquels s’ajouteraient 50 millions de barils de pétrole brut provenant des stocks des pays membres de l’AIE.
À la suite du communiqué publié jeudi par l’AIE, le contrat de référence européen du gazole, un produit pétrolier comprenant notamment le diesel, a progressé à 1.430,75 dollars (1.277 euros) la tonne à 15h12 GMT, bien qu’il soit resté en baisse sur la séance.
"La hausse des prix du gazole laisse penser à une certaine déception face à l’absence d’engagement ferme en faveur de volumes supplémentaires immédiats", a déclaré Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
"Les prix sont élevés, mais nous ne sommes pas confrontés à de véritables pénuries. Dans ce contexte, il est probablement judicieux de conserver nos réserves pour le moment."
Selon l'AIE, certains membres ont déjà mis sur le marché des volumes supérieurs à leurs engagements de mars, tandis que d’autres prévoient de faire de même.
Environ 330 millions de barils ont été mis sur le marché à ce jour, a précisé l’AIE.
Les États-Unis ont indiqué aux autres membres de l’AIE que les plans actuels de libération des réserves ne suffisaient pas à freiner la hausse des prix des carburants, a rapporté jeudi Bloomberg News, citant des sources proches du dossier.
La Maison blanche n’a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire de Reuters.
L’Espagne a annoncé jeudi qu’elle mettrait sur le marché 4,4 millions de barils de ses réserves stratégiques en octobre, sans préciser quels produits seraient concernés. Le pays a jusqu’à présent mis sur le marché 3,7 millions des 11,5 millions de barils qu’il s’était engagé à débloquer en mars.
(Reportage Forrest Crellin et Inti Landauro, version française Elena Smirnova)

1 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer