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Japon: les lunes de Mars en ligne de mire
information fournie par AFP 16/08/2026 à 10:36
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La sonde spatiale de la mission non habitée Martian Moons eXploration (MMX), dont le lancement est prévu dans les prochains mois, le 13 août 2026 au centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais  ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

La sonde spatiale de la mission non habitée Martian Moons eXploration (MMX), dont le lancement est prévu dans les prochains mois, le 13 août 2026 au centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

Des ingénieurs japonais, en collaboration avec le CNES, préparent une mission vers les lunes de Mars afin de rapporter des échantillons susceptibles de percer les mystères des origines du système solaire et révéler comment les conditions favorables à la vie sont apparues sur Terre.

La mission non habitée Martian Moons eXploration (MMX), dont le lancement est prévu dans les prochains mois, pourrait également jeter les bases d'une future exploration humaine de la planète rouge.

Yasuhiro Kawakatsu, chef de projet de la mission non habitée Martian Moons eXploration (MMX), le 13 août 2026 au centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais  ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

Yasuhiro Kawakatsu, chef de projet de la mission non habitée Martian Moons eXploration (MMX), le 13 août 2026 au centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

Le vaisseau spatial, présenté aux médias cette semaine et qui sera lancé depuis depuis le centre spatial de Tanegashima, dans le sud de l'archipel nippon, restera en orbite autour de Mars pendant environ trois ans.

Il tentera de se poser sur Phobos, une lune beaucoup plus petite et plus proche de sa planète que la Lune ne l'est de la Terre.

Il recueillera au moins 10 grammes de matériau, tandis que le rover IDEFIX, qui porte le nom du célébre chien du héros de bande dessinée Astérix, mènera des observations à la surface.

Des pas de tir au centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais, le 13 août 2026  ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

Des pas de tir au centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais, le 13 août 2026 ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

L'engin observera également Deimos, l'autre lune martienne, mais sans s'y poser, avant qu'une capsule de retour ne reprenne la direction de la Terre pour atterrir en Australie vers 2031.

"Indices sur l'origine de la vie"

L'Agence aérospatiale japonaise (JAXA) espère que cette mission permettra de comprendre comment Mars et ses lunes se sont formées, un élément essentiel pour déterminer comment est né le Système solaire.

L'une des théories sur l'origine des lunes martiennes, dite de "l'impact", est qu'elles se sont formées après la collision d'un corps céleste avec Mars.

La théorie de la "capture" imagine quant à elle que ces lunes sont des astéroïdes provenant des confins du Système solaire qui auraient été "capturés" par la gravité martienne.

Déterminer laquelle de ces hypothèses est exacte aidera à comprendre "comment un environnement habitable pour la vie a pu apparaître sur les planètes telluriques", a indiqué la JAXA, en référence aux quatre mondes rocheux les plus proches du Soleil: Mercure, Vénus, la Terre et Mars.

"MMX éclairera les mécanismes de transport qui ont acheminé l'eau, les éléments volatils et les composés organiques depuis les régions externes du Système solaire vers les planètes rocheuses internes, des processus qui ont peut-être joué un rôle clé dans l'habitabilité de ces mondes", a déclaré Patrick Michel, astrophysicien français participant au projet IDEFIX.

Un bâtiment d'assemblage du centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais, le 13 août 2026  ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

Un bâtiment d'assemblage du centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais, le 13 août 2026 ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

"Si Phobos et Deimos sont effectivement des vestiges de ces premiers systèmes d'acheminement, ils pourraient détenir des indices sur les origines mêmes de la vie ou, plus précisément, sur le transport des matériaux, déterminants pour l'émergence de la vie sur les planètes rocheuses", a-t-il dit à l'AFP.

La JAXA a également indiqué que la mission étudierait la possibilité d'utiliser Phobos comme "station spatiale naturelle", en développant les technologies nécessaires à un aller-retour vers Mars, une capacité "essentielle pour l'exploration martienne habitée".

MMX est le fruit d'une collaboration avec le Centre national d'études spatiales (CNES) en France, le Centre aérospatial allemand (DLR) et la NASA.

Avant cela, l'atterrisseur lunaire japonais non habité SLIM (Smart Lander for Investigating Moon), surnommé le "Moon Sniper", s'était renversé lors de son alunissage en 2024, mais avait néanmoins transmis des données et survécu à plusieurs nuits lunaires de deux semaines.

Le Japon dispose également d'une expérience dans le retour d'échantillons spatiaux, notamment grâce à la mission non habitée Hayabusa 2 de la JAXA, qui avait rapporté en 2020 des roches et de la poussière prélevées sur un astéroïde situé à plusieurs centaines de millions de kilomètres de la Terre.

La Chine et les Etats-Unis aussi

Mais MMX n'est pas la seule mission martienne à tenter de rapporter de la matière sur Terre.

Les modules de la sonde spatiale Martian Moons eXploration (MMX), dont le lancement est prévu dans les prochains mois, le 13 août 2026 au centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais  ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

Les modules de la sonde spatiale Martian Moons eXploration (MMX), dont le lancement est prévu dans les prochains mois, le 13 août 2026 au centre spatial Tanegashima de Minamitane, dans le sud de l'archipel japonais ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

Le rover Perseverance de la NASA, qui parcourt la planète rouge depuis 2021, a déjà collecté des échantillons prêts à être ramenés sur Terre. Mais, cette mission a été de fait abandonnée par l'administration du président Donald Trump après un vote du Congrès américain en janvier.

La Chine a également annoncé que son vaisseau Tianwen-3 devrait être lancé vers 2028 et rapporter des échantillons martiens sur Terre vers 2030, soit un an avant MMX.

La mission chinoise Tianwen-1 avait déjà réussi à poser en 2021 sur Mars le rover Zhurong, l'un des succès les plus spectaculaires du programme spatial chinois.

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