(Actualisé avec détails du communiqué, contexte)
La Banque du Japon (BoJ) a relevé mardi ses taux d'intérêts, portant son taux directeur à son plus haut niveau depuis plus de 30 ans, une décision largement attendue qui témoigne de la volonté de l'institution de lutter contre les risques d'inflation liés au conflit au Moyen-Orient.
Lors de sa réunion de deux jours qui s'est terminé mardi, la banque centrale nippone a décidé de porter son taux directeur à 1%, une première depuis 1995, par 7 votes contre 1.
La guerre en Iran a compliqué les plans de politique monétaire de la BoJ en exerçant des pressions inflationnistes dues à la hausse des prix du pétrole, tout en pénalisant une économie fortement dépendante des importations de carburant.
L'institution souligne dans un communiqué que le risque d'une forte détérioration de l'économie japonaise due au conflit s'est atténué grâce aux mesures prises par le gouvernement pour alléger le fardeau du coût élevé du carburant pour les ménages, ainsi qu'aux progrès réalisés dans la mise en place de sources d'énergie alternatives.
En revanche, la BoJ souligne que les perspectives en matière de prix méritent une attention particulière, les entreprises semblant se répercuter la hausse des coûts du pétrole à un "rythme relativement rapide", ce qui pourrait entraîner une augmentation des prix à la consommation pour un large éventail de produits.
"Compte tenu du fait que les anticipations d'inflation à moyen et long terme ont également continué d'augmenter, il existe un risque que l'inflation sous-jacente s'écarte au-delà de notre objectif de prix", a dit la Banque du Japon pour expliquer sa décision.
La banque centrale nippone a également décidé de suspendre son programme de réduction progressive des achats d'obligations à partir d'avril prochain et de continuer à acheter environ 2.000 milliards de yens (10,80 milliards d'euros) d'obligations d'État (JGB) par mois.
Le gouverneur Kazuo Ueda, hospitalisé depuis la semaine dernière pour suivre un traitement médical, n'a pas participé à la réunion et n'a pas participé au vote.
Il s'agissait de la première fois qu'un gouverneur de la BoJ manquait une réunion de politique monétaire prévue depuis au moins 1998.
Le vice-gouverneur, Shinichi Uchida, s'exprimera lors d'une conférence de presse pour expliquer la décision de la BoJ.
(Leika Kihara, Makiko Yamazaki, Kantaro Komiya et Satoshi Sugiyama; version française Camille Raynaud et Diana Mandia, édité parAugustin Turpin)

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